Le monde comme il s’en va, 60

On respire.

Ou plutôt, on pourrait respirer. Après le « non » au référendum du 2 octobre, et, immédiatement après, le Prix Nobel de la Paix décerné à son Président et qui lui donne quelques obligations concrètes, le gouvernement colombien a relancé le processus de paix avec les FARC, pour mettre fin à un conflit armé vieux d’un demi-siècle. Une nouvelle mouture du traité a été signée à La Havane, et doit être soumise aux divers groupes ayant torpillé l’ancienne version.

Qui pourront respirer…  Les requêtes de la droite la plus conservatrice sont pour l’essentiel rencontrées, en dépit des mensonges éhontés de la campagne du référendum. Les FARC s’engagent à livrer tous leurs biens en réparation aux victimes ; les chefs de la guérilla conservent la possibilité de circuler et de se présenter aux élections, mais dans des limites plus étroites ; ils acceptent aussi de révéler la manière dont ils ont été financés par les cartels de la drogue. En revanche, il n’y aura pas de grand déballage, sous la forme de procès, sur les collusions entre le pouvoir et les milices ultraconservatrices pendant le conflit ; les entreprises, dont des multinationales, qui ont financé des escadrons de la mort, pourront mettre fin, dans certains cas, aux procédures liées au conflit ; les grands propriétaires ne devront rien changer aux criantes inégalités rurales dans le pays ; et les églises évangéliques voient leur opposition rencontrée, notamment dans la confirmation du rôle central de la famille et la limitation des allusions aux droits des homosexuels.

La Colombie a désormais l’obligation de respirer ; et il y a un prix…

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