Le plan Y

La situation est moins désespérée qu’on le dit. Le plan A s’étant révélé trop gros pour l’estomac de monsieur De Wever, le plan B trop petit pour les citoyens sensés et tous les autres plans des « enfantillages » selon monsieur Bracke (qui porte bien son nom), reste le plan Y. Avec un Y comme dans Leterme.

Le premier ministre que le monde nous envie va une fois de plus jouer les pompiers.

D’accord, en éteignant le feu, il risque d’inonder ce que le brasier a épargné. Mais on ne fait pas d’omelette sans casser d’œufs (à moins que ce ne soit le contraire ?)

Bref, après avoir coulé son parti aux dernières élections, douché ses partenaires lors des discussions sur la réforme de l’état et fait la courte échelle aux nationalistes flamands, Yves Leterme va sauver le pays. Pin, pon ! Pin, pon !

Mais cette fois, prudence, on va juste lui demander de ne pas faire de vagues. Le rôle lui va comme un gant. Depuis qu’il préside un gouvernement qui ne gouverne pas, qu’on ne voit pas et qu’on n’entend pas, il est impeccable. Leterme, c’est le genre de champions que jouer en public tétanise. Mais qui se révèle une star dans l’ombre. Le joueur de tennis qui ne réussit ses balles que devant des tribunes vides quand la nuit est tombée et qu’il n’y a pas de lune. Le ténor de salles de bains, portes et lumières fermées.

De plus, regardez-le. Heu-reux ! Voir son bon visage souriant nous change agréablement de ces politiciens fourbus, livides, qui discutent, enfermés depuis trois mois et qui ressemblent de plus en plus aux mineurs chiliens, coincés au fond de leurs galeries.

Eh bien, respirez, messieurs-dames, Leterme est là avec ses bonbonnes d’oxygène et sa grande échelle. Il va vous tirer d’affaire, vite fait. Vous extraire un à un de votre geôle. C’est qu’il est capable de tout, super-Yves ! Même de faire remonter celui dont on aurait parié qu’avec son tour de taille, il ne passerait jamais.

Celui-là, ne le laisserait-on pas au fond du trou ? murmure quelqu’un au-dessus de mon épaule. Non ! Le pompier c’est comme le médecin. Il ne fait pas le tri entre bons et méchants. Il sauve un point c’est tout.

D’ailleurs, seules les mauvaises langues prétendent que Bart De Wever est gros. Ce ne sont pas les gaufres qui ont gonflé sa bedaine pendant ses tête-à-tête avec Elio et les autres. C’est la ceinture de bombes qu’il porte autour de la taille.

Leterme démineur ? Qui d’autre depuis que Dehaene a pris sa retraite après que sa dernière bombe a fait pschitt ?

En espérant qu’Y ne soit pas trop maladroit lorsqu’il neutralisera les explosifs. Au nom du principe de précaution, je suggère d’évacuer tous les Belges à l’étranger et de laisser le démineur et le terroriste seuls. Le temps qu’ils nous sauvent ou que ça leur pète à la gueule.

Posts récents

Voir tout

NOUVEAU SITE

Cela fait de longues années que ce blog n’a pas été mis à jour. Non que ce soit une obligation ; mais là, vraiment, il était temps. Il n’y aura plus de nouveaux articles sur ce site. Je vous invite à

michaël, l’espiègle

Dans une belle lettre d’adieu à son coéquipier Michael Goolaerts, le triple champion du monde de cyclo-cross Wout Van Aert écrit qu’il ne faudra jamais oublier Michael, ce gars espiègle avec son étern

Anvers et contre tout

Anvers est loin de Vérone. Sous le balcon de Juliette, l’histoire d’amour était dramatique mais simple. Dans la métropole pluvieuse, la tragédie a tourné au Grand-Guignol. La Belgique est une terre de