Le poids des photos


C’est Franco Dragone qui m’a vraiment fait découvrir La Louvière. Au-delà de la magie exubérante de ses spectacles à Vegas, j’ai pris conscience de la fragilité d’une région à laquelle il reste indéfectiblement attaché, envers et contre tout. Le groupe Dragone sera-t-il le dernier à résister à la déroute de cette ville, jadis si riche industriellement et culturellement ? On peut le croire en feuilletant la presse, qui titre trop souvent sur des fermetures d’entreprises parfois vieilles d’un siècle. Comme ce fut le cas pour Royal Boch. Mais à côté de ces titres, il faut aussi aller à la rencontre des hommes et des femmes qui sont directement concernés par ces faillites. C’est ce qu’ont fait le romancier Daniel Adam et la photographe Véronique Vercheval, laquelle s’était déjà manifestée à travers un troublant reportage sur la Palestine. 46 portraits de travailleurs de la faïencerie ; une photographie où le sujet pose à côté de son outil, avec une légende courte résumant son parcours dans l’entreprise, à la première personne du singulier. La juxtaposition de ces portraits et de ces paroles dresse, au fil des pages, un portrait touchant, émouvant même, de l’entreprise menacée. Après les images, le texte de Daniel Adam retrace le cheminement. Pudique, sans fioritures, il restitue les dialogues surpris ou provoqués par les deux visiteurs. Au final, le compte rendu d’une aventure industrielle et humaine que l’on rêve de voir se poursuivre, et qui rappelle qu’une usine abandonnée est infiniment plus désespérante qu’une usine occupée…

Vous pouvez retrouver des informations supplémentaires sur le site de Daniel Adam ou sur celui de Véronique Vercheval.

En exclusivité, découvrez également 8 photos de Véronique Vercheval, extraites du livre.

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