Le rêve trahi des résistantes (II)

Un million d’hommes et de femmes rassemblés sur 230 places de la Péninsule.

Un million d’hommes et de femmes rassemblés pour en appeler à la dignité.

Sans couleurs politiques. Sans calicots syndicaux.

Le jour était venu de nous rassembler pour un pays qui respecte la dignité de la femme, scandaient d’une seule voix les participants.

Isabella Ragonese, actrice et instigatrice de la protestation : Je suis une petite fille, je n’ai jamais lutté en faveur du féminisme, je suis une travailleuse en situation précaire, je suis une mère, une caissière de grande surface, une employée et, aujourd’hui, je démissionne de toutes ces charges pour manifester ma colère, pour appeler le gouvernement à en faire de même.

Un million de personnes, ce n’est pas grand-chose ! a rétorqué Silvio Berlusconi, ajoutant dans la foulée : Quel faible pourcentage des femmes italiennes peut bien représenter ce mouvement de la honte ?

Répondons-lui : Quand il existe, quelque part au sein d’une communauté, un bien absolu, une forme de dignité absolue, incorruptible, courageuse, il n’est pas important que cette composante ne représente pas la majorité de la société. Car, tôt ou tard, elle mobilisera plus large. Elle soulèvera les masses. Elle convaincra les couards et les réticents. Les frileux et les apeurés.

La minorité est impuissante lorsqu’elle se conforme à la majorité, affirmait Thoreau.

Il avait parfaitement raison.

La minorité des femmes qui a osé dire non, qui a osé s’opposer à la vulgarité, à l’irrespect, à l’indécence, au mépris représente la sauvegarde de la conscience nationale. Que cela soit dit haut et fort.

Elles sont démonstration que les blessures infligées par le pouvoir à cette même conscience nationale – blessures par lesquelles s’échappent jour après jour, en sourdine, comme un filet d’eau à peine audible, une part de notre dignité collective, de notre honneur, de notre courage – ne l’ont pas encore entièrement vidée de sa substance.

Cher Monsieur Berlusconi, ce sont les consciences qui sauvent les masses. Retenez cet adage. Les centaines de milliers de femmes qui, malgré vous, appelaient à la dignité sur les places d’Italie nous l’ont démontré une fois encore ce dimanche 13 février.

Posts récents

Voir tout

NOUVEAU SITE

Cela fait de longues années que ce blog n’a pas été mis à jour. Non que ce soit une obligation ; mais là, vraiment, il était temps. Il n’y aura plus de nouveaux articles sur ce site. Je vous invite à

michaël, l’espiègle

Dans une belle lettre d’adieu à son coéquipier Michael Goolaerts, le triple champion du monde de cyclo-cross Wout Van Aert écrit qu’il ne faudra jamais oublier Michael, ce gars espiègle avec son étern

Anvers et contre tout

Anvers est loin de Vérone. Sous le balcon de Juliette, l’histoire d’amour était dramatique mais simple. Dans la métropole pluvieuse, la tragédie a tourné au Grand-Guignol. La Belgique est une terre de