le retour des morts-vivants

LE RETOUR DES MORTS VIVANTS

N’ayant pas réussi à donner du boulot à plus de cinq millions et demi de Français vivants, François Hollande a changé son fusil d’épaule : dégoûté de la chair fraîche, il a décidé de jouer la carte des morts-vivants. Entre Cuba et Haïti, il s’est recyclé au milieu des tombes. Le vaudou à Port-au-Prince et les momies à Cuba. Désormais prêt, dès son retour à l’Elysée, de jouer de cette panoplie pour retrouver enfin l’admiration des foules. Le procédé n’est pas nouveau. Il y a longtemps qu’à gauche,

on fait du neuf avec du vieux et qu’on illusionne le bon peuple en agitant comme à Guignol les os des camarades disparus. Le corps embaumé de Lénine sur la place Rouge a permis à Staline de dominer paisiblement son empire pendant trente ans. Mao a fait de même en promenant ses sosies dans l’empire du Milieu jusqu’à ce qu’il ait définitivement pourri par la tête. Hollande a compris que jouer la jeunesse comme il l’avait fait dans sa campagne présidentielle était absurde. Cette fois, il compte sur le quatrième, le cinquième, le dixième âge, méthode qui avait déjà réussi à son prédécesseur socialiste. Mitterrand avait érigé en grand art la promenade télévisée dans les travées du Panthéon et l’invocation grandiloquente des glorieux anciens. On savoure toujours son hommage à l’avènement mille ans avant lui de la dynastie des Capétiens sur le trône de France. Célébrer Hugues Capet, ça avait tout de même une autre allure que de reconnaître la responsabilité de la France dans le massacre du Vel’ d’Hiv’ et c’était bien plus efficace pour sa cote de popularité… Pourquoi les Belges ne s’inspireraient-ils pas de cette méthode en ressortant du placard quelques figures mythiques, André Cools, Kamiel Huysmans, Godefroid de Bouillon ? Bien sûr, ils ne sont pas en état d’accueillir François Hollande. Pour tenter notre voisin voyageur, quel dirigeant historique nous reste-t-il ? Anne-Marie Lizin pourrait jouer les Fidèles Castro plus fraîche que nature et serait certainement aussi sexy que Castro en survêtement Adidas. Leterme bouge encore mais, même avec un béret, on le voit mal en Che Guevara. Reste Elio, somptueux même en maillot de bain, mais on l’imagine mal nageant côte à côte avec François dans les eaux tumultueuses de la piscine de Mons.

PS : Non, décidément, sur Cuba, je vous conseille plutôt de lire « Sanctuary V » de Budd Schulberg que le discours de François Hollande. Le grand romancier et scénariste américain avait compris dès la fin des années soixante que la saga castriste n’avait rien du rêve de Danielle Mitterand. Mais à l’époque, impossible de le dire en France sans se faire insulter de fasciste, ce qui explique que ce livre magnifique n’a été traduit en français que quarante ans plus tard.

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