Le Routard par la case beau-livre

Quoi de mieux que de commencer l’année avec Le Routard ? Pas ces petits bouquins souples indispensables à tout périple qui se respecte, mais des grands et magnifiques beaux-livres superbement mis en page et illustrés qui, abordant des lieux déjà abondamment labourés, parviennent à néanmoins toujours surprendre. En 2018, l’Italie et les road trips à travers le monde avaient inauguré cette nouvelle envergure prise par le célèbre guide. Aujourd’hui, ce sont la France et les États-Unis qui sont à l’honneur.



  1. Le beau-livre consacré à la France s’ouvre sur les parcs nationaux, ce qui n’est déjà pas banal car ce n’est pas ce qui, a priori, singularise ce pays. En plus de la dizaine très connus (Mercantour, Vanoise, les Écrins, les Calanques, les Cévennes…), ce sont plus 50 parcs régionaux qui se trouvent recensés sur tout le territoire. Et de nombreuses randonnées y sont proposées, et aussi en forêt, sur des îles, autour de lacs, etc. S’ajoutent à cela des balades en train, à vélo, le long de canaux ou au fond de grottes. Une formidable synthèse sur le sujet. Mais le Routard ne serait pas le Routard sans quelques détours buissonniers par des « musées décalés et lieux déglingués » (la maison de la vaisselle cassée à Louviers, la Fabuloserie dans l’Yonne composée d’un millier d’œuvres de créateurs autodidactes, le Palais idéal du Facteur Cheval dans le nord de la Drôme, etc.). Une série de city strips est aussi présentée dans une dizaine de grandes villes, nourrie de « bonnes adresses ». Un long chapitre est bien sûr consacré à la cuisine et au terroir, et plus de 100 pages s’occupent de la culture et du patrimoine. On découvre par exemple que 45 sites français sont inscrits à l’Unesco (du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais aux sites préhistoriques de la vallée de la Vézère, en passant par des églises, cathédrales, parcs et vignobles. Des pages sont réservées aux sites de deux guerres mondiales, aux femmes rebelles, au châteaux-forts, cités médiévales, musées (avec leurs chefs-d’œuvre « scandaleux ») ou… aux ouvrages « qui en jettent », tel le phare de Cordouan ou le viaduc de Garabit. Évidemment, ce n’est pas un guide que l’on emporte dans sa poche ou sa sacoche, mais qui permet d’utilement préparer son voyage ou qui, à défaut de partir, fait rêver.


Le beau-livre sur les États-Unis est de qualité égale. Ses auteurs jouent évidemment sur la dimension mythique de ce vaste pays avec lequel le cinéma, la littérature ou les séries télévisées nous ont familiarisés et dont les photos somptueuses traduisent la diversité. Comme pour la France, cet album vaut pour son côté synthétique. En quelques pages, on découvre les lieux qui ont marqué l’Amérique, son histoire en 30 films, les lieux de tournage des films importants, les hauts lieux de la contre-culture, etc. Dix grandes métropoles ont doit à un traitement spécifique, de même que douze « charmantes petites villes historiques ». C’est là que réside l’esprit routard : on y parle (sur un ton différent) des incontournables, de la « carte postale », selon la formule consacrée, avec de nombreux pas de côté pour les plus curieux.