les étoiles, so what?

D’après Shakespeare, « La faute n’est pas dans les étoiles mais en nous ». Répliques fameuse de « Jules César », une de ses innombrables analyses au scalpel du pouvoir. Mais alors, cet astéroïde qui s’approche de la terre à toutes pompes au risque de la percuter ? Notre faute, comme le reste ? Comme l’économie grecque qui ressemble à cause de nous aux poubelles d’un HLM de la banlieue parisienne, les comptes de la Dexia qui ressemblent au viaduc de Vilvorde vu du du train, le gouvernement italien qui ressemble aux négociateurs fédéraux belges enfermés Dieu sait où apparemment pour l’éternité. Si ça se trouve, ils se sont embarqués dans une capsule spatiale. En route vers l’astéroïde ? Pour l’empêcher de se fracasser sur notre bonne vieille planète ? Pour sacrifier leur vie afin de sauver la nôtre ? On peut rêver… D’ailleurs, « nous sommes faits de la même étoffe que les rêves » (toujours Shakespeare). Et, j’imagine, Elio, Wouter, Charles et les autres, itou. Quoique. De temps en temps, on se demande s’ils ne sont pas des extra-terrestres. Déjà qu’ils sont tout verts et que leur parole est à peu près aussi compréhensible et audible que celle des Martiens. Il faut vraiment qu’ils vivent sur une autre planète pour ignorer à ce point ce qui se passe en Belgique, en Europe, dans le monde et même dans notre système solaire. A propos d’étoiles, il y en a une autre qui va bientôt briller au firmament, celle du champignon atomique que nous préparent, d’après l’agence de l’énergie nucléaire, les fous de Dieu à Téhéran. Et, à en croire leurs déclarations matamoresques, leurs ennemis israéliens. Qu’on se débarrasse d’un même coup de deux gouvernements insensés, ce n’est pas nous qui allons nous plaindre, nous qui avons réussi à nous en passer depuis un an et demi. Mais que ces boutefeux fassent le sale boulot de faire sauter la planète à la place de l’astéroïde, juste pour le plaisir de donner raison à Shakespeare, non ! D’ailleurs, comme tout auteur le Barde a dit tout et son contraire. « La faute n’est pas dans les étoiles » a-t-il écrit pour lancer quelques années plus tard, « Ce sont les étoiles, les étoiles là-haut, qui gouvernent notre existence» (Le Roi Lear). Entre temps, ceux qui vivent quelque part au fond de l’univers, s’ils regardent l’agitation qui règne sur notre petit astre en prime-time sur leur télé juste avant le dîner, ils doivent bien s’amuser et faire exploser l’audimat.

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PS : puisqu’on parle de l’état du pouvoir, allez donc voir « L’exercice de l’état », superbe tragi-comédie sur ceux qui nous gouvernent ou ce qu’il en reste, dans une réalisation raffinée et nerveuse de Pierre Schoeller, magnifiquement interprété notamment par Olivier Gourmet et Michel Blanc.

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