Les bébêtes ont la parole

Le 14 juillet fut pluvieux et pas si heureux. Invités d’honneur, les Africains étaient venus de loin pour se retrouver sous des trombes d’orage ô désespoir en descendant au pas les Champs Elysées, la marine était sous la flotte et les avions dans les nuages. Mais il fallait faire bonne figure et Sarkozy s’en tira avec une grâce inhabituelle. Il pouvait sourire il est vrai. Tel une grenouille météorologue il avait eu le nez fin : en annulant à l’avance pour cause d’économie(s) la garden-party traditionnelle de l’Elysée, il s’était évité la gadoue la gadoue, les remarques des invités sur le temps « pas de chance pour un 14 juillet… » et autres balivernes déprimantes. Il s’en était tiré en invitant quelques Français méritants à sa table, ce qui ne mangeait pas de pain. « Méritant », en général, ça veut dire bien poli, ne s’essuyant pas avec la nappe et remerciant au moment de partir sans faire sonner le portique avec les petites cuillers qu’on a emportées…

Gosh ! Bobby Ghosh du Time n’est pas notre ami. Comme un taureau furieux, rendant compte du vote de la loi interdisant la burqa en France pour ses lecteurs américains, il se moqua dans son prestigieux magazine de la façon dont la « puissante république » s’était alarmée pour 2.000 malheureuses voilées auxquelles on ne s’était pas « empressé de demander si elles se sentaient oppressées par cette pratique ». Et il concluait « si les Française voilées sont forcées de révéler leur visage, est-ce que les gens comme Copé seront forcés de couvrir le leur, de honte ? » Petite leçon gratuite et salutaire venue de l’étranger.

Autre bestiole étrange et étrangère qui ne manqua pas d’inspirer le Beau pays, Paul le Poulpe, la pieuvre qui en Allemagne avait deviné le résultat des matches du Mondial à deux exceptions près.

La pub s’en était emparée. Sitôt qu’un truc débile traînait vous pouviez compter sur elle. Mais au bout du compte, c’était réconfortant, on avait toujours été bête, et bébête, et ça continuerait. Sauf qu’aujourd’hui, on ne se sentait plus si seuls. Ce qui vous amusait faisait rire aussi la moitié du monde, via internet.

Et maintenant, voilà que le zoo de Madrid (les vainqueurs de la Coupe du Monde) voulait acheter le poulpe de bon augure. Ils avaient raison de le vouloir ! Ce temps qu’on gagnerait si on avait les réponses !

Types de questions à poser à Paul le poulpe :

Dis nous o poulpe pythie ! Woerth sera-t-il toujours ministre à la rentrée malgré l’étau qui se resserre autour de sa gueule honnête et de sa bouche accusée de mensonge ? Sarkozy lui-même se sortira-t-il indemne de l’affaire Bettencourt ?

Paul Le Poulpe allait-il nous permettre d’attraper enfin des gros poissons, des bons gros riches fraudeurs de fisc ? La vieille milliardaire aurait-elle droit à une garde à vue à domicile, une espèce de faveur qui ressemblerait à un room-service judiciaire ? (peut-être faudra-t-il lui indiquer que l’on ne donne pas d’enveloppe à un magistrat après l’interrogatoire comme pourboire.)

Wauquiez le petit Secrétaire à l’Emploi devra-t-il s’en chercher un après avoir sombré dans le ridicule en se faisant gauler à Londres en train de faire de la retape pour financer son étique micro-parti, honteuse façon non éthique de contourner la loi sur le financement des partis politiques ?

Après avoir lâché le mot rigueur comme un bêta au Japon (l’occasion ? l’herbe tendre ? le décalage horaire ?) et avoir bissé en Nouvelle Calédonie (la cérémonie ? Le drapeau canaque ? le décalage horaire ?) quelle sera la prochaine bévue du premier ministre ?

Mais surtout, ô Paul ô poulpe devin, fera-t-il beau en août ?

Les plus grandes questions avaient finalement toujours été laissées aux bêtes. Ne chantait-on pas encore dans les coins les plus reculés du beau pays « Bête à bon Dieu, fera-t-il beau dimanche » ?

Jusqu’à mardi prochain.

#Woerth #Sarkozy #politique #poulpe #Bettencourt

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