Les chroniques de Barkas : l’hécatombe du pouvoir d’achat (2)


« Le pouvoir d’achat est certainement le concept le plus vide, le plus con et le plus destructeur qui soit », ai-je écrit dans une précédente chronique.

Le concept le plus vide, parce qu’il recouvre trop de choses totalement différentes. Une sorte de trou noir dans lequel disparaissent des notions aussi opposées que les besoins en éducation, en culture, ou plus prosaïquement, mais plus fondamentalement, en nourriture que la dépense ostentatoire pour une voiture de luxe ou un voyage exotique.


Le concept le plus con, ou le plus manipulateur, parce qu’ embrassant trop, il étreint mal. Il compare des citoyens aux multiples situations qui n’ont rien en commun sinon de sortir d’un portefeuille de l’argent plus ou moins facilement gagné, en plus ou moins grande quantité pour des dépenses plus ou moins utiles, mais il donne l’impression qu’un consommateur est équivalent à un autre.

Et c’est là que ce concept devient le plus destructeur.

Je ne résiste pas à une petite citation « Le désir de disposer d’un plus grand confort et de se mettre à l’abri du besoin, voilà un mobile qui se trouve à tous les stades du processus d’accumulation dans une société industrielle moderne; toutefois, ce qu’on peut appeler à cet égard le niveau de suffisance est à son tour profondément affecté par les habitudes de rivalité pécuniaire.[1] »

Tout cela nous renvoie à la consommation ostentatoire[2]. Cette consommation pour montrer, pour faussement prouver que l’on est quelqu’un.  Si du temps de Vleben, on parlait du nombre de laquais pour un grand bourgeois, on parle de bagnole ou de Smartphone, pour un représentant de la classe moyenne.

Cette consommation effrénée qui élève rarement « l’âme ou l’esprit », transforme l’individu en un simple support de marques, simple suiveur de tendance, tentant de faire croire par ses dépenses qu’il est autre chose qu’une coquille horriblement vide.

Ce qui ne serait rien si cette débauche n’entrainait pas peu à peu une destruction certaine de notre environnement y compris dans sa dimension sociale.

Il est urgent que les politiques s’inventent un nouveau concept plus en rapport avec la réalité. Mais manier des poncifs, et je sais de quoi je parle, est plus facile que de réfléchir à un autre possible.

Signé, Barkas.



[1] Theory of the Leisure Class

[2] C’est une consommation destinée soit à montrer un statut social, un mode de vie ou une personnalité, soit à faire croire aux autres que l’on possède ce statut social, mode de vie ou personnalité.

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