Les chroniqueurs, ces braves types


L’art de la chronique est un art difficile. Jacques Bertrand l’illustre avec panache dans le cadre de l’émission de France Culture des « Papous dans la tête ». J’aime bien Jacques Bertrand. Il pratique la brièveté, l’humour noir, l’émotion pudique et la justesse de l’analyse avec cette aisance derrière laquelle se cache un grand travail. Quels sont ces autres qui, à en croire le chroniqueur, ne seraient que des sales types ? La liste est longue : le voisin, le pauvre, le végétarien, le con, le conjoint, le Parisien… Pour chacun, Jacques Bertrand brosse le tableau des stéréotypes, des qualités et des défauts de cet autre qui, parfois, nous ressemble tellement. Tout en respectant un des canons du genre de la chronique, qui insère dans chaque texte un élément récurrent, non dénué d’absurde, et qui est en l’occurrence le meilleur ami de tout autre qui se respecte : le chien. Des petits textes à déguster le soir avant de se coucher, qui sait à côté de cet(te) autre qui fait notre enfer ou notre paradis et qui pense peut-être parfois de nous que nous sommes des sales types.