Les femmes mises à l’honneur


Comme son titre l’indique, Les Egéries russes s’intéressent aux maîtresses ou épouses russes de quelques grands artistes. Elles jouent chacune à leur manière un rôle primordial dans l’oeuvre de leur compagnon. Grandes intellectuelles pour la plupart, elles les poussent à devenir aussi brillants qu’elles soupçonnent qu’ils puissent être. Parmi elles, citons Gala (la femme de Paul Eluard et ensuite de Dali), Lou Andréas-Salomé (inspiratrice de Nietzsche, Wagner et Rilke) ou encore Lydia Delectorskaia (collaboratrice de Matisse). Très varié, l’ouvrage passe d’une muse à l’autre dans une belle fluidité et met en lumière les liens particuliers de ces Russes exilées avec la gloire.

L’ouvrage de Marie Céline Lachaud sur Colette s’insère dans une collection qui s’intéresse à la personnalité et à l’œuvre d’un grand écrivain à la lumière de ses vingt ans. Ou comment s’effectue le passage de l’adolescence à la vie adulte pour des auteurs aussi connus que Colette, Jean Genet, Boris Vian, Flaubert ou Proust. L’intérêt de la collection réside bien sûr dans l’étude de ses grandes personnalités naissantes mais aussi dans l’approfondissement des particularités de l’époque qui les a vus naître. Dans Colette à vingt ans, une apprentie pas sage, on découvre une Colette toute jeune, une petite provinciale que rien ne prédestine au monde des lettres. En revanche on sent déjà poindre une grande originalité chez celle qui toute sa vie sera dévorée par la jalousie. Portait pertinent et sensible, le livre de Marie Céline Lachaud ravira les Colettophiles comme les amateurs de biographies vives et entraînantes.

Les Egéries russes, Gonzague Saint Bris et Vladimir Fédoroski, Lattès.

Colette à vingt ans, une apprentie pas sage, Marie Céline Lachaud, Au Diable Vauvert.