Les Intégrales (7): Le Combat ordinaire


C’est une vraie merveille que nous propose Dargaud avec cette réédition en un volume du Combat ordinaire, une histoire en quatre tomes dont le premier a été couronné à Angoulême en 2004. Manu Larcenet est assurément l’un des plus grands auteurs BD actuels, il le confirme une fois de plus avec ce long récit teinté d’autobiographie. Et en plus, le DVD du documentaire que lui a consacré Sam Dialio est joint à l’album. Le héros-narrateur, photographe de guerre sans emploi, qui suit depuis huit ans une psychanalyse, vit seul dans une maison isolée quelque part dans le sud de la France. Il remonte de temps en temps voir son frère, qu’il appelle Georges en souvenir du lapin dont rêve l’un des personnages des Souris et des hommes et avec qui il fume «des gros pétards», et, plus rarement, rend visite à ses parents retraités. Il possède un chat méchant prénommé Adolf et, comme voisins, une espèce d’ancien militaire à la gâchette facile et un petit vieux qui taquine un brochet auquel il voudrait survivre. Et qui s’avère avoir connu son père pendant la Guerre d’Algérie. La vétérinaire de la ville voisine tombe amoureuse de lui et rêve d’une maison commune, d’un enfant, etc., autant d’horreurs dont il ne peut supporter l’idée. D’où la complexité de leur relation. Ils finissent pourtant par habiter ensemble et ce sont les ouvriers du chantier naval où a travaillé son père qu’il va photographier comme pour conserver les dernières traces d’une mémoire ouvrière. Le Combat ordinaire raconte avec intelligence et fragilité une histoire extrêmement personnelle et d’une grande richesse humaine. De Larcenet, auteur d’une œuvre abondante, je ne peux que conseiller de lire aussi Retour à la terre, dessiné par Ferri chez Dargaud dans la collection Poisson Pilote. Egalement une bande dessinée puisée dans son vécu. Et fort fort drôle.

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