Les oiseaux


A la gare, je n’ai retrouvé que des pigeons, ceux qu’une amie appelle les « rats volants », éternels quémandeurs, avec leur ridicule démarche de surveillants de collège voulant paraître plus importants qu’ils ne le sont en réalité.  Dans le quartier d’Uccle où je réside, les moineaux ont aussi disparu.  En compensation, nous avons maintenant les croassements de corneilles qui se prennent (et se font prendre) pour des corbeaux.  Il y a aussi des pies, cousines des premières, mais bien plus belles à voir dans leur livrée bicolore.  On m’a dit que ce sont elles qui ont dégarni les nids des moineaux de leurs œufs.  Je fais une fois de plus appel aux ornithologues.  Parfois, il m’arrive de croiser une mésange, du type charbonnière m’ont dit ceux qui semblent s’y connaître.  C’est très joli une mésange, on dirait un moineau en robe de soirée.

Je connais peu de spectacles plus réjouissants qu’un vol de moineaux s’ébattant dans une flaque d’eau, sitôt l’averse terminée.  Mais c’est un spectacle qu’il ne nous est plus donné de voir dans nos villes.  Le moineau était un compagnon habituel de nos promenades.  Est-ce parce que l’habitude de la promenade se serait perdue que les moineaux se sont retirés de nos rues ?

Essayons d’imaginer un monde dans lequel il n’y aurait plus de moineaux, ni d’autres oiseaux d’ailleurs.  Que ne donnerait-on alors pour entendre encore leurs cris, même ceux si disgracieux, des corneilles ?  Qui n’a jamais vu un héron cendré méditant au bord d’un étang ne comprendra jamais en quoi consiste le métier de philosophe.  Qui n’a jamais observé un vol de bernaches dans le ciel québécois ne saura jamais ce que signifie voyager au long cours.

Resteraient les canaris bavardant dans leurs petites cages, au-dessus de l’évier ou du réfrigérateur.  Mais un être prisonnier n’est plus un être à part entière.  S’il est bien un symbole qu’incarnent les moineaux que je croisais naguère encore lors de mes excursions urbaines, c’est bien celui de liberté.  Mais celle-ci, on le sait, devient une denrée de plus en plus rare.

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