Lorin et Géga croquent Brassens et Audiard


Qu’est-ce qui réunit un nouveau beau-livre consacré à l’auteur du Gorille (mort le 29 octobre 1981) et un album retraçant la carrière d’Audiard en 25 films? La qualité des dessins qui les composent. Dans le premier, Jean-Claude Lorin (déjà illustrateur de livres sur Brel, Ferrat, Prévert, Sand, Colette, Chateaubriand, mais aussi sur les papes ou de Gaulle) croque avec bonheur le chanteur ainsi que tous ceux qui l’ont approché, de Jacques Canetti à Henri Salvador, en passant par Aznavour, Trenet, Bobby Lapointe, Juliette Greco, Pia Colombo, Brel, Ferré, Fallet, son vieux copain du STO Pierre Onténiente, alias Gibraltar, Jeanne, sa logeuse impasse Florimond. Sans oublier les poètes qu’il admirait et qu’il a parfois mis en musique: Rimbaud, Baudelaire, Valéry («Moi l’humble troubadour/Sur lui je renchéris»), Paul Fort, etc. C’est donc une sorte de portrait en creux de Brassens qui est ainsi offert.

Le texte de Jean-Claude Lamy (déjà auteur notamment de Brassens, le mécréant de Dieu ou d’une biographie des frères Prévert) raconte la vie de l’artiste sétois en l’émaillant de nombreuses citations de l’intéressé lui-même et de ses proches (Canetti, Béart, Gibraltar…), d’extraits d’articles ou de paroles de chansons. Brassens était-il anar? «Oui, bien sûr, répond-il à Paris-Match en 1961. Mais cela n’a rien à voir avec le lanceur de bombes. C’est une morale, surtout.» Etait-il un poète? Il ne pensait pas en être un car, estimait-il, «un poète, ça vole quand même un peu plus haut que moi». Mais selon Garcia Marquez, au contraire, il avait «un instinct poétique qui ne reculait devant rien».


#Brassens #Géga #Lorin #MichelAudiard