Maladie de Lyme: épidémie silencieuse et trop souvent niée en France

Maladie de Lyme, par Mathieu Foucaut, Josette Lyon, 261 pages, 18 €


Adolescent et jeune homme très sportif, pratiquant notamment le vélo, la course, le foot et la natation, admirateur des sportifs de haut niveau, Mathieu Foucaut, né en 1983, se déplace aujourd’hui en fauteuil. Si, dès le début des années 2000, il constate des signes inquiétants de déficiences physiques – sinusites, allergies, crampes, contractures… -, son état de santé connaît une brusque dégradation l’été 2009. C’est tout juste s’il parvient encore à marcher. Pendant plusieurs mois, il va consulter des médecins à Boulogne-sur-Mer, où il vit, à Lille ou à Paris, multipliant analyses et IRM, sans que rien ne soit détecté. Au mois de novembre, le verdict tombe: il est atteint de la maladie de Lyme. Du moins selon une analyse sanguine contrôlant une trentaine d’éléments. Car ce n’est pas l’avis d’un tas d’autres médecins, spécialistes ou généralistes, qu’il consultera ensuite et qui nieront cette maladie qu’ils ne parviennent pas à traiter efficacement, a fortiori à guérir. Alors que, dans des pays comme l’Allemagne (où il se rendra d’ailleurs), les Etats-Unis, la Suisse, la Pologne, la Belgique ou l’Autriche, cette «épidémie silencieuse» est réellement prise en compte.

Les années suivantes consistent, pour Mathieu Foucaut, en une suite d’examens (souvent les mêmes mais dans des lieux différents) et d’hospitalisations pour rien, se heurtant bien souvent à des hommes et femmes dépourvus de toute compassion humaine, n’hésitant pas à lui « torturer le corps et l’esprit» – et auquel il s’amuse à donner des noms moqueurs: Moutarde, Tournesol, House, Champion, etc. Son livre (dont une première version a été autoéditée sur Internet, faute d’éditeur papier) est ainsi le récit d’une double lutte: contre la maladie elle-même (il est heureusement largement soutenu par sa famille et ses amis) et contre la médecine française pratiquant l’«omerta», et qui n’en sort pas grandie, loin s’en faut. Mais il se termine sur une note optimiste. D’une part, l’association Lyme Sans Frontières fait un formidable travail d’alerte et de conscientisation. Et d’autre part, au niveau politique, une commission a été mise en place au ministère de la Santé. A suivre, donc.

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