Maladies honteuses

Le Beau pays se croyait très fort : la pandémie ? Une incantation ministérielle, quelques mandarins à la radio, et on apprenait finalement un mercredi que la peste A, c’était fini. Quoi ? avant même d’avoir commencé ? Oui, alors même que le personnel médical commençait de s’auto-seringuer, la France se croyait immunisée. Elle s’était bien fait peur aussi avec la « crise » mondiale. Heureusement Lider minimo avait fait le maximum, et quelques mois à peine après l’alerte, c’était fini aussi ; les pauvres de plus en plus pauvres, les chômeurs avec de moins en moins de travail, et les riches s’enrichissaient à nouveau de façon éhontée et sans complexe. Les bonus des traders atteignaient de nouveau des sommets tandis que les statistiques révélaient qu’1 milliard d’humains avaient faim dans le monde. La France, elle, se portait bien. Pourtant, son président, lui, allait mal. Il nous faisait une petite mine. Etait-ce depuis son malaise de joggeur ? Depuis son régime taille jockey auquel il incitait certains de ses ministres ? Souffrait-il de crispation sur l’affaire du fiston-piston (« je ne cèderai pas »), du complexe de Lilliput après la petite victoire du géant Douillet, promu en champion de son camp ? Etait-ce sa courbe de popularité qui continuait de descendre qui provoquait tension et montée de sa courbe de température ? Certes, Dominique de Villepin, son ex premier ministre et ennemi juré, était fébrile lui aussi en attendant le verdict au procès de la machination Clearstream. Mais cela ne suffisait pas à le consoler. Car il y avait pire. On avait appris que son Château était la cible d’une maladie honteuse. La Garde républicaine y était attaquée par la gale. Une maladie de pauvre dans les communs du palais présidentiel. En fait de palace, l’Elysée recelait des literies jamais changées, des murs de plâtre qui tournaient lépreux, tout avait été complaisamment rapporté par la presse. Si, comme au royaume de Belgique, on avait de façon révoltante élu une miss SDF en France, Carla Bruni aurait eu sa chance. La première Dame, elle, pour le moment, se contentait de raconter à un psy de comédie médiatique sa psychanalyse en cours. On mesurait par là combien de temps avait passé et combien les mœurs avaient changé depuis tante Yvonne. En tout cas, cette gale faisait plus qu’une tache, un inquiétant symbole de la grande misère du pouvoir, qui avait bien pâli depuis l’éblouissant début de son règne sous son blason ors et bling bling aux armes de Fouquet’s. Méchant comme la gale était ce symbole de tout ce qui s’effilochait comme un vieux pansement sur le grand corps malade du pays. Jusqu’à la lettre de Guy Môquet qui, on venait de l’apprendre au détour d’un journal parlé, ne devait plus être lue obligatoirement dans les écoles. Petit recul qui en accompagnait de grands, sur le service minimum, la taxe professionnelle ou l’interdiction des parachutes dorés pour ne citer que les plus voyants. Mais le plus inquiétant se produisit sur le perron de la mairie de Gandrange où le président la joua modeste, reconnaissant qu’il n’avait pas tenu ses promesses aux ouvriers. Un commentateur y vit même un « mea culpa ». Lui, modeste ? Cette fois, le diagnostic était formel : le président allait bien mal. La France devait nous couver quelque chose. Jusqu’à mardi prochain.

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