Menus plaisirs

Trente-cinq secondes : c’est la durée moyenne que l’électeur flamand a passé dimanche dernier dans l’isoloir (selon Het Laatste Nieuws). Quel gâchis ! Voter à la sauvette au lieu de profiter de ce moment exceptionnel où, tel l’empereur romain, le citoyen a le droit de lever ou de baisser le pouce, de sauver le joueur ou l’envoyer aux lions. Les femmes ont mieux saisi l’importance de ce fugace instant de bonheur. Elles sont restées en moyenne cinquante-six secondes devant leur bulletin, douze secondes de plus que leurs mâles. Et une habitante de Serskamp, plus de quatorze minutes. En voilà une qui connaît la signification du mot plezier. Ce qui rappelle que l’essentiel de l’amour, ce sont les préliminaires. Ah ! Le bon temps de l’introuvable orange bleue. Le temps béni où la Belgique a connu le bonheur de vivre sans gouvernement pendant plusieurs mois. Grâce en soit rendue à des négociateurs, grands spécialistes de la question, qui, pour prolonger notre jouissance, se sont livrés à d’interminables danses du ventre et caresses préalables sans jamais consommer, au point de sucrer de leur agenda le moment fatal de la noce. Supplication à nos dirigeants actuels : faites comme eux, et pour ceux qui étaient de l’aventure, remettez le couvert ! Tout pour rendre à nouveau le mariage impossible. Réveille-toi, madame Non ! Bart, reviens ! Essaye à nouveau de les rendre fous ! Quelques conseils pour rendre l’affaire inextricable. Aux socialistes : proposer la présidence de la Wallonie à Michel Daerden ou à José Happart. Aux libéraux : annoncer d’emblée la construction d’une nouvelle centrale nucléaire. Aux verts, légaliser le cannabis et la coke et établir des accises sur les téléphones portables. Si ces arguments sont insuffisants pour bloquer les négociations, abordez la question du voile. La pagaille est déjà annoncée depuis qu’une représentante du parti humaniste a décidé de siéger voilée à l’assemblée régionale bruxelloise. Comment refuser l’entrée du voile dans les écoles si l’exemple vient d’en haut ? Bonne chance avec les ailes laïques des partenaires et les syndicats d’enseignants. Enfin, pour savonner la planche, n’oubliez pas de vous entourer d’ « experts » tous plus aptes les uns que les autres à rendre les choses catastrophiques : quelques noms circulent. Lippens et Frédéric Daerden pour aider les négociateurs à dépatouiller les comptes de la région et organiser les flux bancaires des organismes régionaux. Donfut pour fournir des rapports savants sur le fonctionnement des intercommunales et leur dépolitisation. Et si, par malheur, les partis finissent par se marier, restera à dissoudre les chambres et à remettre ça aux fédérales.

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