Mesdames, à vos désirs!


Dans les jardins d’un hôtel, quatre femmes dansent en riant autour d’un feu où se consument quelques feuilles de papier, sous le regard amusé et ravi d’un homme. Anna, 54 ans, méprisée depuis trente ans par son mari; Noémie, la quarantaine, divorcée, en couple avec un avocat qui ne la touche plus depuis six mois; Julie, 33 ans, quatre enfants, en mal d’un compagnon fixe, lasse des rencontres d’un soir via Internet; et Lucia, une Argentine qui a laissé au pays un homme marié sans réellement savoir si elle l’aime ou le déteste. Ces participantes à un cycle de « soirées entre femmes » organisé par un «architecte du désir» brûlent ce jour-là les «mots du passé» toxiques et nocifs, dits par un mari ou un parent, pour les remplacer par ceux qui leur conviennent: bonheur, partage, plaisir, volupté, tendresse… Ce troisième roman au titre ironique publié chez l’éditrice belge Luce Wilquin par Valérie Cohen, après Nos mémoires apprivoisées et Alice et l’homme-perle , est un livre merveilleusement écrit. Riche d’une solide dose d’humour, il s’aventure avec un mélange de douceur et de violence dans la psyché féminine pour dire aux femmes de (re)prendre leur liberté, de revendiquer leur propres désirs et de se rebeller contre toute domination mâle, qu’elle soit physique ou psychologique. Un roman toujours juste dont les lectrices, autant que les lecteurs, pourront tirer profit.