Mille et une nuits d’amour


À l’heure où l’Islam est de plus en plus confondu avec l’obscurantisme et le fanatisme, est bienvenu tout ce qui permet de rappeler, avec talent, qu’il est aussi le creuset d’une culture remarquable dont la sensualité et la liberté sont des composantes majeures. Ce faisant, l’idée n’est pas de verser dans le militantisme ni l’idéalisme béat.

C’est à ce pari difficile que s’est attelée Malika Madi. Dans ses romans précédents, elle a toujours cherché à présenter sa culture originelle en dehors des clichés. “Nuit d’encre pour Farah” ou “Les silences de Médéa”, cependant, plongeaient dans les difficultés que peuvent rencontrer les femmes pour accéder à la liberté et à l’indépendance. À la justice, tout simplement.

Avec Chamsa, Madi tourne une page; son héroïne est une jeune femme, au départ sans éducation, habitée par une sensualité débordante qui semble venue toute droite des Mille et une nuits. Petit à petit, elle fera l’apprentissage de l’amour et de ses jeux, mais pas seulement; elle partira aussi à la conquête de l’indépendance, du savoir et d’une forme de pouvoir qui lui permettra de contribuer à l’émancipation des femmes, dans l’Islam en particulier.

Un roman entre fable et réalisme, imprégné d’érotisme et de plaisirs – pas seulement sexuels –, qui surprendra sans doute par son audace et son culot.