Modeste contribution au casse-tête scolaire

La rentrée scolaire s’est passée aussi mal que prévu. Des centaines, peut-être un millier d’enfants, sur le carreau – la ministre n’a pas réussi à les compter. Avez-vous vu cette image terrible à la télé ? Une mère et son fils, le regard effaré, attendant devant l’école que le nom du petit soit appelé. Puis, rentrant chez elle, avec son garçon, la tête basse parce que, non, excusez-nous, madame, pas de place. Après neuf mois d’attente anxieuse. D’un côté donc, des écoles trop pleines. De l’autre, des prisons hollandaises à moitié vides. Où le ministre de la justice se proposait d’envoyer notre surplus de détenus. Mais dont le prix de location est apparu exagérément élevé pour loger des droits communs. Trop cher pour des délinquants, d’accord. Mais pour nos chères têtes blondes, rien n’est trop beau. Alors, avec un peu avec un peu de souplesse, voilà comment régler en une fois deux problèmes qui paraissaient insolubles : transformer les cellules vides des prisons hollandaises en écoles de la communauté française. Présenté ainsi, ça peut choquer. Mais, remplacez le mot « prison » par « centre d’éducation belgo-néerlandais » ou mieux encore par « école européenne », ça prend tout de suite une autre allure. Bien sûr, comme tout projet novateur, il entraîne de légers inconvénients : la distance, notamment. Difficile d’obliger les écoliers à se taper tous les jours Uccle-Nimègue et retour. Mais les enfants qui le souhaitent pourraient loger sur place. Les lieux sont déjà conçus pour assurer gîte et couvert. Et ils sont gardés. Le système présente surtout des avantages : il règle, par exemple, le problème de la violence. Nos éducateurs avouent leur impuissance devant l’agressivité de petites frappes de plus en plus jeunes. Et l’Union belge de football a rendu le problème quasi insoluble en multipliant le nombre de rencontres entre Anderlecht et le Standard. Où est le bon temps où les enfants jouaient à cow-boys et Indiens ? John Wayne, reviens ! Le football les a rendus fous ! Grâce aux prisons hollandaises, fini de tous ces petits mâles aux hormones en folie. Les Wasil et les Witsel, au cachot ! Dès la première bêtise ! Autre avantage du projet: l’immersion linguistique. Assurée dès la première année. Lorsqu’ils sortiront des prisons hollandaises, nos enfants seront des bilingues parfaits, prêts à devenir ministres fédéraux, voire même politiciens flamands. Ce qui annonce à terme la fin des conflits communautaires. Lorsqu’un enfant wallon, sorti du système cellulaire batave, deviendra président de la NvA, la question de BHV sera enfin résolue – si la Belgique tient jusque là, évidemment…

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