Mon Goncourt, le retour


En 2006, j’avais attribué “mon” Goncourt à “Une promesse” de Chalandon. Je réitère cette année, avec ce nouveau roman ! Dans “Retour à Killybegs”, Chalandon nous offre ce qui est le fondement même de la littérature : reprenant les éléments qui ont nourri un de ses précédents romans, “Mon traître”, mais en prenant cette fois le point de vue du traître, il révèle combien la vérité n’est jamais qu’affaire de point de vue et de narration. Au cœur de l’histoire terrible de l’Irlande, dont l’actualité nous prouve qu’elle est toujours sensible, il construit un récit où la splendeur du style contribue à rendre universellement humains les caractères et touchante cette lutte pour la reconnaissance d’une identité et d’une culture. Plus encore, au-delà du combat nationaliste, il met le doigt sur la plaie : construire la paix est bien plus difficile que mener la guerre, et tellement plus crucial. Et si le jury du Goncourt ne m’écoute pas, tant pis pour lui !