Monument Valley 1


©Luc Teper


Photographier… Serait-ce une réaction contre le temps qui passe?

Les hommes traversent-ils le temps ou bien est-ce le temps qui les traverse? Quels que soient les points de vue, ils sont sans réponse, et donc paradoxalement aveugles.

En ce qui me concerne, photographier est avant tout un acte d’amour. Il y a une part d’éblouissement dans ce que je «capture» (mais ne serait-ce pas moi qui suis capturé?). Il m’arrive d’enfoncer le déclencheur afin d’engranger des souvenirs de voyage, sans plus, mais même dans ce cas, je ne peux m’empêcher d’y mettre un «plus».

Lorsque j’entre en «l’état de photographe», une mini transe m’isole en quelque sorte du milieu dans lequel j’évolue, tout en me permettant de le percevoir mieux. Il ne s’agit plus de regarder, mais bien de voir, et si possible au-delà de certaines apparences.

Vincent Engel, dans son flamboyant roman «Retour à Montechiarro», met dans la bouche de son personnage Sébastien Morgan, reporter et photographe, les termes de «troisième œil» et «regard de l’âme» en guise de définition de la photographie. Ajoutez à cela ce que vous voudrez, l’essentiel est dit…

Ci-dessus, un premier cliché (deux autres suivront), issu d’un reportage réalisé à Monument Valley, fascinante contrée qui appartient aux Indiens Navajos.