Najat, Rachida, Nadia et tant d’autres


Née en octobre 1977 dans le Rif marocain, Najat Vallaud-Belkacem est arrivée à 4 ans en Picardie, dans une cité d’Abbeville «où il n’y avait pas beaucoup de mixité sociale». Elle réussit brillamment Sciences Po à Paris, où l’un de ses profs à la faculté de droit d’Amiens avait tenté de la décourager de s’inscrire, jugeant ces études «trop éloignées» de son milieu, et où elle s’étonne de rencontrer tant de jeunes filles «blondes». Elle entre ensuite au cabinet de Gérard Collomb à Lyon avant de devenir la porte-parole de Ségolène Royal lors de l’élection présidentielle de 2007. Aujourd’hui, elle est à l’Education nationale, probablement l’une des meilleures ministres du gouvernement Valls avec Christiane Taubira.

Cette jeune femme souriante et pugnace est l’une des dix-sept femmes arabes ou d’origine arabe présentes dans ce beau-livre. Elle y côtoie l’ineffable Rachida Dati, qui se caricature elle-même par ses sorties grotesques, ou la sénatrice marseillaise Samia Ghali, l’architecte urbaniste libanaise Aïda Farah, qui a fait études dans un Beyrouth à feu et à sang pendant la guerre civile, la chanteuse lyrique algérienne Amel Brahim-Djelloul, la chef d’orchestre d’origine kabyle Zahia Ziouani, la comédienne et danseuse tunisienne Amina Annabi ou la Marocaine Merieme Chadid, la première femme arabe à avoir participé (comme directrice) à une expédition au cœur de l’Antarctique en 2006.

Figurent également dans ce livre la cinéaste tunisienne Nadia El Fani, assistante de Romain Goupil sur Maman, auteure de courts métrages et de documentaires, dont un avec Caroline Fourest, Nos seins nos armes. Nadia Sweeny, née à Paris dans une famille laïque, convertie à l’islam après le 11 septembre 2001, partie vivre en Palestine occupée, battue par son mari et auteure d’un livre autobiographique, La fille des camps. Samira Ibrahim, née au Liban pendant la guerre civile de père soudanais et de mère égyptienne, qui resta six mois au Secrétariat d’Etat chargé du développement durable et, après d’autres émissions, présente aujourd’hui le magazine Investigations sur France Ô. Ou encore la policière Sihem Souid, auteure du livre-choc Omerta dans la police où elle dénonce les comportements racistes de ses collègues et aujourd’hui membre du sous-groupe « La Gauche forte » au sein du Parti socialiste. Un livre qui fait du bien par les temps qui courent.