No passaran


Le thème de l’Espagne et de la guerre civile de 1936 semble avoir séduit de nombreux écrivains, lors de cette rentrée littéraire. Andrée Chedid l’explore à la manière d’une grande dame de la littérature, arrivée au faîte de sa technique, au point que l’on se demande si l’inouïe simplicité de ce récit est le signe d’une grande jeunesse ou de cette incroyable naïveté qu’offre seule la plus aboutie des maîtrises. Juan est mort quatre fois ; il a perdu la foi, il a perdu l’Espagne, il a perdu la ferveur communiste. Et il a perdu la vie. Cet homme entier et pourtant si doux, que ses enfants aiment mais fuient, est la clé de voûte d’un amour, celui qui le lie à Isabella, sa femme. Faut-il raconter l’amour pour tracer le récit de la guerre et de la mort ? Sans doute. Car sans l’amour, il n’y aurait que la perte et le vide. Bien sûr, l’amour rend ces épreuves plus difficiles parfois ; mais sans lui, aurait-on la force de les traverser ? Ce n’est là qu’une des infinies questions que se pose Isabella, veuve au terme d’une longue vie qui aura passé comme un éclair…