Nous le jurons tous, tu vivras

Il était une fois dans un coin reculé de la Gaule un petit village (enfin, petit, comparé à la grrrrandeur de l’empire romain qui n’était pas encore un empire mais on ne va pas compliquer les choses parce que justement en fait de complications…) Un village paisible, avec un chef qui portait une belle couronne mais n’avait rien à dire parce qu’il avait remis ses pouvoirs à son maire du palais qui n’avait pas grand-chose à dire non plus vu que lui aussi, un peu surmené, s’était débarrassé de ses prérogatives en faveur de ses trois califes et ainsi de suite. Bref, un endroit idéal puisque tout le monde était à la fois maître et valet. Un endroit modeste aussi car devant la grrrrandeur de l’empire romain, les villageois se sentaient petits et humbles ce qui explique que personne ne se disputait pour devenir The calife à la place des califes. Jusqu’au jour où le maître de l’empire passant par là pour goûter aux frites et aux gaufres dont on lui avait vanté la saveur se mit à faire un discours et, la bonne humeur aidant, s’écria : « De tous les peuples de la Gaule, les Belges sont les plus… » La fin de la phrase se perdit dans une bouchée pleine de crème et de mayonnaise. Certains entendirent « les meilleurs », d’autres « les plus tofs ». On fit taire ceux qui croyaient avoir entendu un mot bien moins glorieux. De toute façon, tout le monde sait que les Romains exagèrent toujours. Chez eux, on appelle expresso un train qui s’arrête dans toutes les gares. Vous voyez le genre. Tout le monde le sait sauf les Gaulois qui se sont vus soudain comme les plus « expresso » de tout l’empire. Désormais, ça sent la bière de Londres à Berlin ! s’est écrié leur barde. Et chacun de vouloir être roi derrière l’empereur. Le maire du palais s’est enfin avisé qu’il n’avait plus rien à dire à part faire défiler ses soldats de plomb et les califes rien à faire vu que les coffres aux ducats étaient dans l’armoire du maire. Quelle pagaille, mes amis ! Je veux ton pognon ! s’est écrié un calife à l’autre. Moi, ta femme ! a dit l’autre. Et mon poing sur ton nez, tu le veux aussi ? Bref, tout le monde se tapait sur la figure malgré le chef qui en perdait sa couronne à essayer de calmer tous ces fous mais personne ne l’écoutait. C’est alors que le marchand de gaufres s’est assis sur le coffre à ducats. On veut faire notre propre village loin de votre bête village ! s’est-il écrié. Mais quand le coffre s’est cassé, les combattants ont découvert qu’il était vide. Alors tout le monde s’est calmé. Le maire du palais est retourné jouer avec ses petits soldats, les califes avec leurs camarades. Et le marchand de gaufres a promis à tout le monde que, dès qu’il aurait fini de manger, il verrait ce qu’il peut faire.

Posts récents

Voir tout

NOUVEAU SITE

Cela fait de longues années que ce blog n’a pas été mis à jour. Non que ce soit une obligation ; mais là, vraiment, il était temps. Il n’y aura plus de nouveaux articles sur ce site. Je vous invite à

michaël, l’espiègle

Dans une belle lettre d’adieu à son coéquipier Michael Goolaerts, le triple champion du monde de cyclo-cross Wout Van Aert écrit qu’il ne faudra jamais oublier Michael, ce gars espiègle avec son étern

Anvers et contre tout

Anvers est loin de Vérone. Sous le balcon de Juliette, l’histoire d’amour était dramatique mais simple. Dans la métropole pluvieuse, la tragédie a tourné au Grand-Guignol. La Belgique est une terre de