Paul qui?


Formé en théâtre, Paul Giamatti a commencé au cinéma durant les années 90 en décrochant pléthore de seconds rôles plus ou moins importants. Toujours marquants. Armé de son talent, il a su s’aventurer dans tous les genres. On a ainsi pu le remarquer chez Woody Allen (Maudite Aphrodite, Harry dans tous ses états), dans des films prestigieux comme Donnie Braso, The Truman Show, Il faut sauver le soldat Ryan et Man on the Moon, ou encore dans La Planète des singes de Tim Burton (certes méconnaissable sous son maquillage d’orang-outang).

Habitué des gros films de studios, c’est dans le cinéma indépendant qu’il trouve la consécration avec de magnifiques premiers rôles. Celui d’Harvey Pekar (American Splendor), puis l’inoubliable Miles, l’écrivain dépressif et amateur de vin dans le succulent Sideways. La suite ? Hollywood se l’arrache encore et toujours pour les seconds rôles – et il adore ça : L’illusionniste, Cinderella Man, Shoot ‘Em Up, Duplicity… Mais il s’illustre aussi en tête d’affiche dans Lady in the Water, ainsi que dans la série télévisée sur John Adams, qui lui valut un Emmy Award du meilleur acteur.


Avec son pitch fantastique et son petit budget, Âmes en stock (en VF) évoque inévitablement les scripts joyeusement tordus de Charlie Kaufman (Dans la peau de John Malkovich, Eternal Sunshine of the Spotless Mind). A l’instar de ce dernier, Sophie Barthes prend son idée farfelue très au sérieux et on se laisse facilement embarquer dans cette drôle d’histoire. L’aspect « petit budget » du film, débarrassé d’effets visuels grossiers, lui donne davantage de crédibilité, un petit supplément d’âme. Pourtant, on finit par trouver le temps un brin longuet : la comédie manque de rythme, le drame manque de profondeur et l’intrigue se fait finalement peu satisfaisante (on ne voit pas assez les conséquences d’une perte d’âme). La portée philosophique du pitch à peine effleurée, c’est l’émotion qui en pâtit. Emergent ici et là quelques moments tordants ou touchants. Reste le casting, franchement délicieux: les trop rares David Strathairn, Emily Watson, Lauren Ambrose (Six Feet Under). Et Paul Giamatti. Avec le recul, Cold Souls n’est pas grand chose d’autre qu’une déclaration d’amour à Paul Giamatti, forcément phénoménal. Il joue ici son propre rôle, mais il nous livre là un mix de tous les personnages de sa filmographie. Certes, il s’en donne à cœur joie quitte à frôler le cabotinage, mais on peut le remercier, en quelque sorte, de sauver le film de l’ennui.

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