Petites histoires du Tour de France


Parmi tous les livres paraissant ces temps-ci sur l’événement sportif qui célèbre sa centième édition (né en 1903, il n’a pas eu lieu pendant les deux guerres), celui-ci est une bonne pioche, même si le titre est un peu trompeur, Christian-Louis Eclimont y évoquant tout simplement chacune des 99 étapes passées. En 1904, le fondateur de l’épreuve, Henri Desgrange croit la fin de son bébé venue suite aux multiples incidents émaillant cette deuxième édition: des coureurs sont menacés, des supporteurs tentent de bloquer le peloton, d’autre lancent des pierres, des clous sont semés sur la route… Et in fine, les quatre premiers sont disqualifiés (dont le vainqueur, Maurice Garin, déjà vainqueur du premier Tour). Le parcours de l’édition 1919, qui ne comptera que 10 arrivants sur 69 partants, traverse pour la première fois l’Alsace et la Lorraine. En 1939, pour pallier l’absence des Allemands, Espagnols et Italiens, le directeur crée des équipes régionales. En 1947, L’Auto, frappé d’interdiction à la Libération, est remplacé par L’Equipe et Henri Desgrange, mort en 1940, par Jacques Goddet. Le 21 juillet 1969, pour saluer Merckx qui, en plus de son premier maillot jaune, prend le maillot à pois du meilleur grimpeur et le vert du classement par points, Blondin écrit: «Merckx n’était ni wallon ou flamand, français ou belge. Il appartenait tout bonnement au patrimoine universel de l’effort humain au même titre que les cosmonautes qui vont sur la lune ne sont plus proprement des Américains envisagés comme tels, mais les délégués de l’espèce toute entière.» L’auteur rappelle que l’homme qui, en 1975, a asséné un coup de poing dans les côtes de Merckx, près du sommet du Puy-de-Dôme, sera condamné un an plus tard à une peine avec sursis et à un franc de dommages et intérêts. 1998, l’annus horibilis du Tour, commence par l’arrestation à la frontière franco-belge, au petit matin, du soigneur de l’épique Festina, Willy Voet, dont la voiture contient 235 doses d’EPO et de l’hormone de croissance dissimulés dans des glacières. Une semaine plus tard, Virenque et sa bande exclus, survient une grève des coureurs, las de l’omniprésence policière, dont le porte-parole n’est autre que… Laurent Jalabert qui, selon des tests rétroactifs révélés ces jours-ci, aurait lui aussi pris de l’EPO cette année-là.

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