Philippe Claudel face aux mille et une raisons de ne pas écrire


Accaparé par le cinéma – trois films depuis 2011: Tous les soleils, Avant l’hiver et L’enfance sorti il y a quelques semaines -, Philippe Claudel (également juré Goncourt) n’a plus publié de roman depuis L’Enquête en 2010. Ont paru en 2012 un récit autobiographique, Parfums, et, l’année suivante, Jean-Bark, un bel hommage à son ami et éditeur Jean-Marc Roberts mort en mars 2013. Le livre qui paraît aujourd’hui chez l’éditeur bordelais Finitude, dont le titre qui commence par De quelques amoureux des livres… remplit toute la couverture, est un joyau de non-sens qui précède de quelques semaines son nouveau, roman annoncé chez Stock, L’arbre du pays Toraja.

A la question de savoir pourquoi certains ouvrages ne voient jamais le jour, l’écrivain lorrain apporte une centaine de raisons aussi absurdes qu’intelligentes. Il y a l’écrivain en puissance qui a tellement ruminé son roman que le chirurgien qui l’opère trouve dans son estomac un livre de mille pages, hélas illisibles. Celui persuadé qu’un bon romancier ne peut avoir moins de 40 ans, et meurt à 38 ans en se mettant à la tâche. Celui qui, pour passer le temps en prison, écrit dans sa tête 643 livres, ce que tout le monde ignore lorsqu’il meurt. Celui à qui vient des idées en taillant son crayon… qui est inutilisable lorsqu’il veut les consigner sur papier. Celui qui veut écrire un livre sans début, ni fin, ni déroulement. Celui qui a passé sa vie à imaginer 5320 titres, sans jamais aller au-delà. Celui ne peut écrire que saoul… d’une écriture illisible. Etc. Certains lecteurs s’y retrouveront peut-être. Savoureux.

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