Premiers romans (2) Jean-Claude Lalumière

Le Front russe, Jean-Claude Lalumière, Le Dilettante, 256 pages, 17 €

Mu par l’envie de découvrir un monde que, longtemps, il a cru limité aux photos publiées dans Géo, le narrateur a quitté sa province pour intégrer le ministère des Affaires étrangères. Son arrivée – hilarante – ne passe pas vraiment inaperçue et, vu la faiblesse de son classement, le voilà envoyé à la section Europe de l’Est et Sibérie, autrement dit le front russe. Découvrant un service semi-comateux auquel plus aucune mission n’est confiée, il décide de relancer la machine. L’occasion se présente avec l’arrivée d’une délégation officielle de Iakoutie, un immense territoire sibérien. Mais cette visite manque de virer au fiasco pour un double problème de traducteur (absent) et de photocopieuse (déficiente). Sur 250 pages, nous suivons ainsi les déambulations de ce personnage qui finit par changer d’affectation. L’auteur a trouvé le ton juste pour décrire un univers entre Kafka et Ubu (où il est entres autres choses question d’un pigeon mort et d’un interminable échange de courriels pour s’en débarrasser).