Quand le roman s’empare de l’Histoire (2) : du sang et des larmes


Un jour, Ysabel, responsable de l’hôpital, trouve devant la porte une jeune fille désemparée et… rousse, couleur de cheveux réputée être l’œuvre du diable. Peu à peu, elle apprend que la fugitive a fui un mariage forcé avec un seigneur voisin, avant de découvrir qu’elle est enceinte. Si elle n’est pas prête à la « débarrasser » de cet intrus non désiré, car « l’enfant vit déjà, il a une âme » argumente-t-elle, elle s’oppose en revanche à sa cadette, Ade, réfugiée en ce lieu à la mort de son mari, qui veut renvoyer chez elle la malheureuse car « c’était son devoir de satisfaire [son mari] puisqu’il y a eu mariage ». Finalement, Maheut ira accoucher ailleurs. Au même moment, en ce mois de juin 1930, Marguerite Porete, béguine de Valencienne, condamnée par l’inquisiteur dominicain Guillaume de Paris suite à son livre Le miroir des simples âmes anéanties où elle parle de l’Amour divin, est brûlée sur un bûcher en place de Grève. Quant aux Templiers, arrêtés en 1307 par Philippe Le Bel, ils sont soumis à la question – du moins ceux qui ne sont pas brûlés vifs. Spécialiste du Moyen Age, l’auteure mêle habilement personnages de fiction et réels pour donner vie avec allant à cette époque troublée. (Liana Levi)