Quelle mémoire nous reste-t-il ?


Dans la foulée du magnifique Les disparus de Mendelsohn, Marianne Rubinstein raconte, dans ce bref récit, sa propre quête sur le passé de sa famille prise dans la tourmente de la Shoah. Elle témoigne de ce moment très particulier dans l’histoire de la littérature centrée sur cette question : celui où les enfants et petits-enfants, dans un sursaut désespéré, cherchent à combler les trous et les silences alors que les derniers survivants disparaissent, emportant avec eux leurs secrets. Que sait-on du singulier quand il est noyé dans le général ? Un général que tout le monde croit connaître, qui confond toutes les victimes dans l’obscurité du drame. Mémoire ou damnation ? Comment vivre – et pas seulement survivre ? Chacun son bricolage ; au silence volontaire de son père, Marianne Rubinstein adopte le silence apaisant de la musique et du haiku. Elle projetait d’écrire une grande saga ; n’en reste que la vérité percée de trous et de pudeur de ce très beau livre.