Raoul Ruiz, l’homme-cinéma


Ce qui frappe, dans la filmographie de Raoul Ruiz (1941-2001), c’est sa démesure. Si l’on en croit la liste (commentée) publiée en annexe du bel ouvrage illustré que lui consacrent Benoît Peeters et Guy Scarpetta, il est l’auteur de quelque cent douze films, mélange de documentaires et de fictions, de longs et de courts métrages, dont quelques-uns jamais diffusés ni même achevés. Mais cette démesure touche aussi, plus profondément, son œuvre même. Plus qu’aucun autre cinéaste (l’un des rares à s’en approcher pourrait être Manoël de Oliveira), il a inventé un style cinématographique irrémédiablement inclassable, désespérément insaisissable. Voir ses films est une expérience étrange, désorientante, perturbante, interloquante, et on peut multiplier les adjectifs tant ils échappent à toute analyse rationnelle. Ils se ressentent, se vivent, s’éprouvent, s’expérimentent plus qu’ils ne se comprennent ou ne s’expliquent.



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