Rendons à César…

Petit coup de projecteur sur le palmarès des César 2010 (et donc pour l’an 2009).


Sans trop de surprise, Jacques Audiard rafle le pactole, comme en 2005 (10 César pour De battre mon coeur s’est arrêté). Un Prophète obtient un total de 9 César, partagés entre grosses catégories (film, réalisateur, scénario, acteur…) et prix techniques prestigieux (décors, photo, montage). Certes, cela fait rudement plaisir de voir ce grand film généreusement récompensé, mais je préfère nettement les palmarès plus partagés (en 1999, par exemple, Le Dîner de Cons, La Vie rêvée des anges et Ceux qui m’aiment prendront le train en recevaient trois chacun). Si le sympathique Welcome, avec 10 nominations, repart brocouille, c’est plus décevant pour le magnifique A l’origine, pour lequel seule Emmanuelle Devos est récompensée. Quant au Concert, cette horreur, il se contente du meilleur son (prix que j’aurais justement donné Un Prophète, personnellement) et de la musique (ben tiens). La victoire de Tahar Rahim, meilleur espoir de l’année, est une évidence. Son interprétation de Malik, le vaurien transformé en Parrain, est inoubliable… A tel point qu’il gagne également le César du meilleur acteur! Une absurdité (il y en a chaque année) qui snobe malheureusement François Cluzet, dont les chances de gagner étaient d’ailleurs divisées par deux (il était doublement nommé: dans Le dernier pour la route et dans A l’origine). Autre absurdité, la victoire de Mélanie Thierry, un « meilleur espoir » qui a commencé sa carrière voilà 10 ans déjà, raflant le prix à Soko (A l’origine) ou encore à la belge Pauline Etienne (Qu’un seul tienne et les autres suivront), véritables révélations de 2009. Ce n’est pas le superbe film de Léa Fehner qui aura eu le prix du meilleur premier film, mais bien Les Beaux Gosses ! Un très beau prix pour ce film attachant et singulier, à mi-chemin entre film d’auteur et film à succès populaire. Pour le César du film étranger c’est le chouchou Papy Clint qui l’emporte (Gran Torino), devant Milk, Avatar, Le Ruban Blanc et Panique au village. Le seul César à suspense de la soirée (meilleure actrice) fut attribué à Isabelle Adjani (La Journée de la jupe), qui gagne ainsi sa cinquième statuette. Une statuette que j’aurais bien vu Audrey Tautou brandir, brillante dans Coco Avant Chanel (qui se contentera, et c’est la moindre des choses, des meilleurs costumes). A la place, nous avons droit à une Adjani botoxée, versant des larmes qui n’ont touché personne, régurgitant un discours qui dépasse les pires caricatures du genre… Annoncée par un Depardieu franchement pathétique (son unique intervention fut une vanne de très mauvais goût), les vétérans du cinéma français font vraiment peine à voir. Je n’ai pas vu le reste de la soirée (je n’ai allumé la télé que pour les trois derniers prix), mais les échos semblent unanimes : une fois de plus, c’était rarement drôle et ennuyeux à périr.

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