Reprendre, donner


Dans son magnifique roman Les bains de Kiraly, Jean Mattern racontait le désarroi de Gabriel, sa vie plombée par un secret indicible, lequel avait provoqué la rupture avec Laura. Dans son second roman, un vieil homme condamné par la maladie confie un passé, lui aussi enfoui dans les ruines de l’Europe centrale, à son fils Gabriel — qui, comme son homonyme du roman précédent, a perdu sa sœur dans un accident de voiture et passe beaucoup de temps dans la piscine, à faire des longueurs. C’est peu dire, donc, que Jean Mattern s’affirme dès ce second roman comme un écrivain attaché à une douleur, à un secret. Pour autant, chaque livre est indépendant, ce qui fait la force de l’auteur, et a ses spécificités stylistiques et littéraires. Dans cet opus, on ne peut qu’être touché par l’osmose dramatique entre la maladie qui ronge ce vieil homme et l’éclatement chronologique de son récit. Avec, en toile de fond, la belle et terrible question de l’amitié menacée par la politique.