Retour en arrière


Mauvais genre, Naomi Alderman, Editions de l’Olivier, 380 pages

Malgré l’abondance des sorties littéraires en ce mois de septembre, je m’autorise un petit retour en arrière, en avril 2011, avec la parution de Mauvais genre de Naomi Alderman aux Éditions de l’Olivier. Deuxième roman de l’auteur britannique, Mauvais genre est à la fois une charge contre l’élitisme déshumanisant de l’université d’Oxford et un coup de projecteur sur une génération en crise.

James Stieff et ses amis partagent la maison du charmant et richissime Mark Winters. Ils vont aux cours, ils font la fête et sans en avoir vraiment  conscience, ils se forgent des souvenirs inoubliables – seuls remparts contre l’enlisement qui les guette. Après les années d’étude, la grande maison se vide de ses occupants. À regret, les amis se séparent et se plongent dans la « vraie » vie, sans y avoir été beaucoup préparés. Certains rebondissent, d’autres sombrent. Mark, homosexuel de toujours, épouse la sœur d’un de ses amis, il semble heureux et apaisé. James, lui, s’installe à Londres avec sa petite amie. Mais l’amour a ses raisons que la raison ne connaît pas. Et pour James et Mark, les choses ne sont pas aussi simples…

Au fil du roman, Naomi Alderman parvient à tisser une toile obsédante autour de James, à l’engluer dans une indétricotable manipulation. Elle explore les dégâts qu’occasionne la trop grande possession d’argent : « La fortune a ceci de particulier : en permettant d’en faire davantage, elle empêche de faire quoi que ce soit ». À relever : la plume acerbe de l’auteur, qui fait de ce roman inquiétant une petite bombe.