Rimbaud, Rimbaldie et Rimbaldolâtres


«Il se peut qu’il n’y ait pas un seul de ses gestes qui soit passé inaperçu des commentateurs et des observateurs européens, américains, chinois, qu’il n’y ait plus un seul de ses vers qui n’ait été surveillé, disséqué, analysé plus que ne le fut jamais une formule d’Aristote, plus imité qu’un vers de Pindare, plus admiré qu’un vers d’Homère (…).» Ce constat date de 1941 et est signé Armand Robin (poète auteur d’un seul roman, Le temps qu’il fait). Jean-Michel Djian le cite pour rappeler que la «rimbaldôlatrie» ne date pas d’hier. Car c’est bien de cela qu’il s’agit. «Ils seraient plus d’un millier dans le monde à avoir consacré tout ou partie de leur vie à triturer les fulgurances, la syntaxe, les virgules, les ratures, des rimes, les allégories ou la métaphore de cette petite centaine de pages de « rinçures » que le poète a laissée en héritage», remarque le journaliste. Qui ajoute que «le problème avec Rimbaud, c’est la Rimbaldie. Cette cohorte de gens qui avec la meilleure intention du monde grignote son héritage en le faisant fructifier à la petit semaine». Non sans humour puisqu’il est lui-même à la fois auteur de la saga radiophonique Rimbaud en mille morceaux et réalisateur du film Rimbaud, le roman de Harar.