Séances de rattrapage : Bofane et Lortholary


Les romans ont-ils une date de péremption? Non pour les poches, qu’ils soient classiques ou récents, davantage pour les grands formats qu’au bout d’un moment, s’ils se vendent mal ou peu, les libraires renvoient aux éditeurs (chez lesquels, jusqu’à un certain temps, il est toujours possible de les commander). Vers la mi-août, pour laisser la place à la rentrée de septembre, un grand ménage est fait d’où ne survivent que quelques heureux élus. C’est donc en porte-à-faux que je vais brièvement mentionner deux très bons romans lus cet été. Tout d’abord Congo Inc., sous-titré « Le testament de Bismarck », par le Congolais (de la RDC) In Koli Jean Bofane. Un pygmée nommé Isookanga quitte son village pour Kinshasa avec l’ordinateur dérobé à une africaniste belge venue enquêter sur sa communauté (et particulièrement intéressée pas lui) et sur lequel il a appris à jouer en ligne. Logeant parmi les enfants des rues, ce «mondialiste» convaincu s’associe avec un Chinois pour vendre une eau soi-disant suisse. Il est contacté par un ancien rebelle qui, pour «venger» le génocide rwandais, a massacré des villages entiers au Kivu et s’est livré à des trafics d’armes avec un officier de l’ONU, avant de devenir ministre de la RDC. A travers son héros ingénieux et volontaire et cet individu sans scrupules, Jean Bofane (qui vit à Bruxelles) se livre à une terrifiante et magistrale plongée dans cette région du monde en proie aux pires dérives.

#IsabelleLortholary #JeanBofane