saison jaune

Le jaune, star de la saison. Avec ce magnifique printemps précoce, les crocus et les jonquilles éclatent sur les pelouses. Signe que la crise est finie ? C’est bientôt l’été, le tour de France, le maillot jaune. Méfions-nous pourtant, cette belle couleur a parfois des accents moins roses. Ces temps-ci, la campagne électorale provoque bien des sourires jaunes. Celui de Charles Michel quand on chiffre ses promesses fiscales. Ou de Paul Magnette quand on lui fait remarquer que son programme consiste pour l’essentiel à défaire ce que le gouvernement d’Elio a mal fait. On retrouve le jaune sur les affichettes qui fleurissent dans tout le sud-est de Bruxelles depuis la soi-disant dispersion des vols de Zaventem au-dessus de la capitale. Laurette Onkelinckx l’avait suggéré jadis, Melchior Wathelet l’a réalisé : la « route du canal » ne consiste pas, comme son nom semble le promettre, à obliger les avions à suivre les amateurs de régates sur une ligne Laeken-Willebroeck, loin des habitations, mais elle a pour effet de rendre la vie impossible à une des zones les plus peuplées de Bruxelles. On ne sait quel croche-pied Joëlle Milquet a fait à Melchiortje pour qu’il sabote à ce point sa campagne des régionales en envoyant les avions au-dessus de la tête de ses électeurs potentiels à quelques semaines à peine des élections. Les Ecolos aussi ont perdu leurs couleurs pendant ces législatures. Au pouvoir en région mais en guerre avec leurs partenaires, dans l’opposition au fédéral mais dans la majorité lors du vote de la réforme de l’état, le vert a mauvaise mine. Il a l’air à moitié vide plutôt qu’à moitié plein au moment du bilan… Jaune encore qui annonce la victoire du lion d’or, qui donne la couleur centrale du drapeau belge. Qui vous parle de Flandre et de N-VA ? Contrairement à une rumeur récente, ce n’est pas le panda qui symbolise notre étendard mais le lion venu de l’écu des ducs de Brabant qui sert de ciment aux trois couleurs de notre drapeau. Le roi des animaux au pelage doré symbolise la rage – non taxatoire- des Diables rouges qui vont réconcilier le pays, paraît-il. Les politiciens savent pourquoi. Dire que l’avenir du pays dépend de onze jeunes gens en short courant au soleil tandis qu’autour d’eux on danse la samba, je ne sais pas pourquoi, mais je trouve ça assez rassurant…

PS : Suite de ma précédente chronique (sur la Roumanie). Si vous parvenez à lire au jardin malgré le bruit des avions, jetez-vous sur le magnifique premier roman de Patrick Mac Guinness « Les cents derniers jours » (Grasset) qui raconte l’errance d’un prof d’anglais à Bucarest à la fin de l’ère Ceausescu. C’est profond, drôle, bouleversant à l’heure où des tentations de pouvoir « fort » réapparaissent à l’est.

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