Screening

Une fois de plus, l’église de Belgique a mis dans l’Emile comme disait Pierre Dac. Pour éviter l’arrivée de nouveaux moutons noirs, attirés par les possibilités qu’offre le boulot de prêtre pour qui aime les enfants, elle a décidé de soumettre les futurs candidats à la prêtrise à un « screening ». (Remarquez au passage l’abandon par Mgr Léonard du latin de cuisine au profit de ce sabir international qu’on dit vaguement inspiré de l’anglais. Vaguement puisque, malheureuse coïncidence, l’utilisation du verbe « to screen » semble être un acte manqué : il signifie aussi « cacher, masquer » …) D’après ce que j’ai compris, il s’agit de confier ces malheureux à un contrôle psychologique dès le début de leurs études puis de leur faire subir un « suivi permanent ». « L’Eglise doit mieux protéger les enfants » a déclaré le boss de Malines-Bruxelles toujours plein de bon sens et de compassion. Hélas, la méthode risque de faire des dégâts. Je ne suis pas certain que beaucoup de ces jeunes étudiants sortiront indemnes de plusieurs années sous « monitoring » constant par des psychologues, dont la santé mentale n’a jamais été elle-même « screenée » – pas plus que celle des vieux prêtres chargés de les former. Suis-je trop sourcilleux ? C’est vrai. A force de critiquer, la civilisation n’avancera jamais. Prenons donc pour hypothèse que le « screening » à la Léonard est le remède-miracle aux terribles maux de l’église. Interrogé par « Vers l’Avenir » un chanoine trouve l’idée si bonne que, selon lui « les futurs instituteurs, infirmiers, maîtres de sport devraient aussi être screenés ». Et pourquoi pas les hommes politiques ? Plus question d’inscrire un étudiant en sciences politiques sans qu’il ait rempli un formulaire de screening. Interdiction aux partis d’accepter l’adhésion d’un nouveau membre qui refuserait de se laisser « screener » tout au long de sa carrière, du bas de l’échelle, lorsqu’il n’est que militant colleur d’affiches jusqu’au sommet lorsqu’il caracole en tête de liste, ministre, président, commissaire européen, que sais-je encore ? Vous rendez-vous compte du temps qu’on aurait gagné si, au hasard, Bart de Wever, Michel Daerden, Pieter Rambo De Crem avaient été screenés ? On n’aurait eu que des dirigeants normaux et raisonnables, rien que des Yves Leterme ou des Philippe Moureaux… Freud ! Réveille-toi, ils sont devenus fous ! Le pire eut été en Italie : jamais le petit Silvio ne serait devenu le Bunga-Bunga Berlusconi. Comme on les connaît, les psychologues auraient affirmé après quelques séances de « screenage » qu’il est incapable de jamais diriger le pays. Ils lui auraient sans doute conseillé de choisir une autre carrière. Prêtre, par exemple.

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