Sous l’emprise de Karen Blixen

Karen et moi, Nathalie Skowronek, Arléa, 146 pages, 15 €


Abandonnée par son mari, amoureuse d’un autre homme, Karen Blixen s’arrime désespérément à un pays qu’elle ne peut plus quitter, à un monde qui est devenu le sien. Mais qu’elle laissera pourtant, suite à l’incendie de sa brûlerie de café, s’isolant au nord du Danemark pour écrire son roman. Ce que Karen a osé faire, partir, l’autre héroïne du livre, sa narratrice, en a été empêchée. Par sa famille mais aussi par elle-même. Par son mariage, son travail, elle a mis en sommeil son moi profond, faisant comme si, donnant le change. Et c’est son travail sur celle qu’elle appelle son «double» qui va, peut-être, lui permettre d’enfin devenir ce qu’elle est vraiment. L’écriture tout en finesse, d’une saisissante pureté, rend admirablement compte des émois qui traversent ces deux femmes.