Sous la nappe, la plage

Neuf mois qu’ils accumulent sur la table tout ce qui leur passe par la tête ! Croulant sous ce bric-à-brac breughelien, qui s’étonnera qu’ils aient la nausée ?

Il serait peut-être temps qu’ils regardent ailleurs : sous la nappe, par exemple. Où ils découvriront quelques surprises s’ils veulent bien ouvrir les yeux.

Sous la nappe ? La plage.

Des dunes, où s’aiment des amoureux, où jouent des enfants, où des chiens chient, le regard coupable.

A la côte belge, remarquez, Wallons et Flamands se laissent flotter sans s’opposer. Marée haute, marée basse. C’est la Lune qui donne le la, pas De Wever.

La mer qui monte n’a jamais fait venir l’écume aux lèvres. Quand on reste vague, on revient toujours à l’essentiel…

Qui sait ? Peut-être qu’avec Wouter Beke, la nouvelle vague des politiciens va nous faire plonger sans danger dans les grandes profondeurs. Mais il faudra alors que cet homme se transforme en brise-lames. On peut rêver. C’est dans la tempête que se révèlent les bons marins. Mais qu’il n’oublie pas de garder une bouée à portée de mains plutôt que sur ses lunettes.

Un conseil au négociateur : quand on met certain coquillage contre l’oreille, si on écoute bien, on entend l’appel du large.

Garnaalkroketten, zeetong, wafels, paling in ‘t groen: c’est sous la nappe que les neufs partis peuvent découvrir les plats belges susceptibles de les réconcilier.

A ce propos : quand est-ce les neuf partis redeviendront des partis neufs ?

Sous la nappe, il y a aussi les pieds.

On a trop regardé les visages de nos discutailleurs, leurs bras, leurs doigts sans honneur, on les a trop vus faire du vent devant les caméras. Regardons plutôt leurs pieds, ça ne trompe pas.

Il y a ceux qui les mettent en éventail comme les vacanciers sur la plage. Ceux-là n’ont rien à perdre. Ils écoutent leurs voisins, un vague sourire aux lèvres, en se disant : cause toujours, mon lapin, et compte sur moi pour mettre du sable dans les engrenages si d’aventure ton château commence à prendre forme.

Il y a ceux qui gardent les pieds rentrés, qui ont peur de leur ombre même quand il n’y a pas de soleil. Ceux qui ne parviennent pas à quitter le parasol sous lequel ils sont réfugiés malgré l’écran total dont ils se sont enduits.

Il y a ceux qui ont enfilé subrepticement des pantoufles. Des malins qui aiment le confort ? Ou des pessimistes qui n’ont aucun espoir de quitter cette foutue table pour se rendre chez le roi et lui dire : les vacances, c’est fini ?

Avant de se remettre au travail, faudra qu’ils troquent leurs charentaises contre des bottes. Pour nettoyer la plage de toutes les crasses abandonnées là depuis des mois. Et puis creuser pour ramener à la surface le coffre au trésor dont nous avons vraiment besoin !

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