Subjectif : sujet / Objectif : objet

Enfant, nous naissons sujet, nous sommes immergés dans le subjectif.

En grandissant, nous apprenons à analysons le monde, à nous définir par rapport à lui et ses normes, imposées d’en haut par des adultes maladroitement désabusés. Pour ce faire, nous apprenons à développer un outil principal, la raison. Cette nouvelle faculté d’observation comparative induit inévitablement une distanciation.

Pour prendre un exemple, cette distance est comparable à celle qu’aura pris Copernic en observant les cieux avec l’objectif de son télescope. L’objectivité, dans ce sens, est définie par la relation sujet-objet. Objectiviser le monde, c’est le percevoir selon cette relation séparatiste. Mais lorsque nous finissons par croire que la réalité objective est la seule réalité, nous chosifions le monde. Cette réalité devient le nouveau réel, et nous devenons prisonnier de la caverne et de ses ombres projetées. Comme « le mot n’est pas la chose » (Krishnamurti), « la carte n’est pas le territoire » (Korzybski).

La subjectivité est ce qui fonde le sujet, l’objectivité en fait un objet d’observation. Pour être objectif, on se retire du monde pour mieux l’observer. Avec le danger de s’habituer à cette position pour finir par vivre sans engagement autre que dans les choses extérieures, les seules choses qui sont alors considérées comme objectives par le système de pensée en place.

Cette objectivité est un leurre, une illusion mentale qui nous permet d’appréhender le monde dialectiquement. Une illusion dans le sens où le paradigme actuel nous fait croire que l’objectivité est la réalité. Mais elle n’est pas le réel. Cette réalité ne peut être que intersubjective car nous en sommes la source. L’objectivisation/objectivisme étant une prise de contrôle de la réalité par la raison analytique poussée à son extrême depuis qu’elle fut divinisée au temps de Lumières.

La Raison est alors devenue totalitaire, et nous en sommes devenus les sujets.


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