Sulfureux Weegee

Drôle de bonhomme que cet Arthur Fellig, alias Weegee !

Né en Autriche en 1899 et immigré aux Etats-Unis à l’âge de dix ans, le jeune Arthur a tôt fait de se passionner pour la photographie. Très rapidement, il hante le QG de la police de Manhattan d’où il couvre les faits divers les plus sordides pour différentes feuilles de chou new-yorkaises. Il se fait un nom dans le photojournalisme, et est bientôt reconnu comme LE photographe du crime en ces temps de dépression.

En 45, il découvre Hollywood et ses fastes grâce à son best-seller Nacked City. C’est le début de la gloire : les prestigieux magazines Vogue et Life ou encore le sérieux Times ont recours à ses services. Et c’est pour lui l’occasion de côtoyer toutes les stars de l’époque.

A côté de ses photos à sensation vaguement scandaleuses – mais toujours esthétiques-, Weegee parvient à se hisser au rang d’artiste en réalisant ses fameuses distorsions et ses clichés kaléidoscopiques qui l’amènent à parcourir l’Europe de long en large.

Cette autobiographie, Weegee par Weegee, parue aux éditions de la Table ronde donne à voir un homme vantard et mégalo, par moment franchement pénible (entre autres lorsqu’il nous détaille ses conquêtes féminines). Mais à côté de cette agaçante estime de soi, il nous prouve par ses photos de déshérités sur les bouches de métro et dans les rues de New York sa compassion envers les plus pauvres, et nous permet de penser qu’il est un véritable témoin des inégalités sociales de son temps. L’ouvrage donne également un portrait fouillé de la presse tabloïd des deux premiers tiers du XXième siècle, depuis le New York Sun au Journal-American en passant par le World Telegram et le Daily News

Weegee par Weegee, une autobiographie, traduit de l’américain par Myriam Anderson, La Table ronde