Swinging London

Imaginez un pays, tenez la Belgique, une de ses régions se lance dans le terrorisme armé, l’IRA, l’armée révolutionnaire italienne se bat, à coup d’attentats pour le rattachement du canton de La Louvière à la Sicile. Pendant ce temps, une autre région du pays, la plus riche, montre des velléités d’indépendance. Le tout géré par un roi bègue pendant que le pays est bombardé…

Malgré trente ans de lutte armée en Irlande du Nord, les grincements de dents des indépendantistes écossais, l’état déplorable des services publics et des tensions sociales dues à l’accroissement terrible de la misère et la destruction des syndicats, qui auraient provoqué en France des manifestations de rues, à peu près tous les Anglais vivent la larme à l’œil les noces du futur héritier du trône.

Vous reprendrez bien un scone et une tasse de thé ?

Comment ne pas être fasciné autant qu’agacé par ce pays pas comme les autres ? En tout cas, personne n’y est indifférent. Et nombre de beaux esprits ont essayé d’expliquer pourquoi. Au hasard, Edith Cresson : « Les Anglais sont tous homosexuels », Balzac, cette étrange analyse : « Pour une femme qui n’est ni hollandaise, ni anglaise, ni belge, ni d’aucun pays marécageux, l’amour est un prétexte à la souffrance» ou la vraie explication peut-être : « Les Anglais ne s’intéressent pas à la musique, mais ils aiment le bruit qu’elle fait », remarque sir Thomas Beecham, qui connaît la question. Quant à Pierre Desproges : « Les deux caractéristiques essentielles de l’Anglais sont l’humour et le gazon. L’Anglais tond toujours son gazon très court, ce qui permet à son humour de voler au ras des pâquerettes». Là, il se plante, Desproges.

Car c’est son humour qui a fait de l’Angleterre une très Grande Bretagne. Si les Monty Python étaient nés à Ploërmel, ils joueraient sans doute mieux du biniou mais ils n’auraient pas révolutionné le non sense au début des années septante. La vraie explication de la force de la Grande-Bretagne n’est en effet ni dans sa capacité à bâtir un empire sur le dos des populations locales (les Belges ne sont pas mal dans le genre), ni dans sa cuisine exotique, ni dans l’extraordinaire durée du règne de sa reine (le roi Bhumibol de Thaïlande a été couronné deux ans avant la reine Elisabeth II) mais dans son étonnant creuset de créateurs et leur talent à manier l’humour et la dérision, de Swift et Waugh à Jonathan Coe, de Ronald Searle à Bacon, de Alec Guinness et Peter Sellers aux Beatles.

Bien sûr, il y a des limites : l’Angleterre a laissé filer Hitchcock et les plus grands génies comiques du cinéma à Hollywood, Charlie Chaplin et Stan Laurel.

Nobody is perfect…

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