Très grosse vanité


Que l’ironie est salutaire quand elle dénonce les cuistres et se joue, par ailleurs, des modèles littéraires figés dans le marbre de l’histoire ! Sur le mode de Butor et de sa Modification – que j’avoue trouver totalement indigeste –, Frank Andriat mène son récit avec un plaisir évident. Hommage ou critique radicale du Nouveau Roman ? Peu importe, les jeux littéraires ne règlent aucun compte, et tout auteur est toujours redevable de ce qui le précède.

Reprenant le “vous” qui s’adresse autant au personnage de son récit qu’au lecteur – avant de proclamer, la main sur le cœur, que nous sommes tous des Juifs allemands ou quelque autre héros, nous devrions nous souvenir que nous sommes tous, potentiellement, des médiocres, voire pire –, il suit ce mari infidèle qui vient de quitter sa femme à Bordeaux – une femme ravissante, pétulante, amoureuse, pleine de désirs – pour rejoindre sa maîtresse mensuelle à Luxembourg – une femme terne, sans émotion, froide et indifférente. Mais les voyages en train sont parfois pleins d’imprévus…