Un huis clos comme on les aime


Le diner, Herman Koch, Belfond, traduit du néerlandais, 329 pages.

Brrrrr, voici un roman qui fait froid dans le dos. Et pourtant, ce n’est ni un thriller ni un roman policier. Mais plutôt une fiction charpentée avec intelligence qui se déroule de l’entrée au pousse-café dans un restaurant chic, autour de deux couples :Serge Lohman (un politicien en vue aux Pays-bas qui brigue la place de Premier ministre), sa femme, sa belle-sœur et son frère Serge Lohman (un professeur mis à l’écart pour des raisons médicales suspectes). Au départ, les personnages s’entretiennent des dernières sorties cinéma et du menu fretin de la vie de tous les jours. Une soirée comme tant d’autres?… Quoi que… Au cours du repas, on sent poindre une tension, un je-ne-sais-quoi d’explosif qui plane dans l’air. Il s’est passé une chose grave. Ils doivent en parler mais c’est difficile. Ils repoussent autant qu’ils le peuvent le moment de percer l’abcès…. Et de décider jusqu’où ils iront pour protéger leurs enfants.

Un livre dérangeant qui pose la question de la banalisation du mal et du positionnement de certains parents qui font passer l’avenir de leurs enfants avant la justice.