Un petit tour à la campagne

Aujourd’hui sortent deux films fort différents qui nous emmènent chacun à leur manière faire un petit tour à la campagne. La campagne anglaise dans Tamara Drewe, délicieuse comédie douce-amère de Stephen Frears, et la campagne louisiane dans The Last Exorcism, film d’horreur bien troussé par Daniel Stamm.


Tamara Drewe, de Stephen Frears, basé sur le roman graphique éponyme de Posy Simmonds.

Absurdes, en tout cas rocambolesques. Les quiproquos et (més)aventures vaudevillesques que vivent les personnages de Tamara Drewe lorgnent tour à tour vers la franche comédie et vers la satire sociale plus acide. Tout le monde en prend un petit peu pour son grade, et personne n’arrive totalement à ses fins, qu’il s’agisse de réussite sentimentale, professionnelle, sociale ou artistique. Le nouveau film de Stephen Frears (dernier succès en date : The Queen) est typiquement une comédie « drôle, mais pas seulement », qui slalome entre rires et grincements de dents, entre bonheur et douleur. Les légers problèmes de rythme sont vite effacés par le plaisir de découvrir cette mémorable galerie de personnages (particulièrement les deux adolescentes, l’écrivain américain, l’épouse cocue…), savoureusement interprétés par un casting épatant (la plupart sont des visages inconnus issus de la scène british). Dans le rôle-titre, la jeune anglaise Gemma Arterton (24 ans), radieuse, prouve qu’elle sait faire autre chose que la potiche dans les blockbusters américains (le dernier James Bond, Clash of the Titans, Prince of Persia) et jouer la comédie. Une star est née : tout le monde va se l’arracher.

The Last Exorcism, de Daniel Stamm

Ce que le pitch ne dit pas – et c’est une assez bonne idée – c’est que le révérend est un charlatan: en d’autres termes, il ne croit pas à toutes ces conneries. Il ressemble à un agent immobilier (saluons le choix d’avoir casté Patrick Fabian, issu de la télé) et son gagne-pain, c’est « d’exorciser » des gens qui « pensent l’être ». Un peu de spectacle de pacotille, et le tour est réglé. Seulement voilà, vous l’aurez compris, il tombe cette fois sur un « vrai cas ». Son évolution par rapport à sa propre foi, à percevoir entre les lignes, rend le personnage vraiment intéressant.

Une autre chose à préciser concernant Le Dernier Exorcisme, c’est qu’il s’agit d’un film « tourné par les acteurs ». Il s’inscrit donc dans la nouvelle lignée des films d’horreur contemporains tels que Blair Witch Project, REC 1 & 2 (bientôt 3 et 4), Cloverfield, Paranormal Activity, pour ne citer que les plus connus… A ce niveau-là, l’effet du faux documentaire est crédible et fort bien agencé. Aussi, les effets spéciaux visuels se font rares et discrets : l’amateur de pur gore et de grand-guignol risque d’être déçu – et ce n’est pas plus mal. L’économie de moyens porte ses fruits et le film offre son quota de scènes franchement terrifiantes. Dommage que le souci de réalisme ait été moins exigeant avec la bande-son : nous avons droit à cette bonne vieille musique de film, toujours pratique pour faire sursauter les spectateurs.

Court (1h20) et indéniablement efficace, The Last Exorcism ose également une fin quasi abrupte qui en étonnera plus d’un. Les amateurs du genre apprécieront ce petit film de genre pas révolutionnaire mais souvent surprenant, toujours intéressant.

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