Un progrès commun ?

Dimanche à la VRT, Didier Reynders a posé une question très importante à son opposant Bart De Wever: que voulons-nous encore faire ensemble? Oui, nous en sommes arrivés là. Utilisant le verbe «vouloir» au lieu de «pouvoir», Reynders souligne l’aspect émotionnel qui, depuis trois ans, n’a cessé de prendre de l’importance. On sent en Flandre de moins en moins de volonté pour un avenir commun. Peter Vandermeersch, rédacteur en chef De Standaard, écrivait dans la Libre Belgique une contribution titrée : « Nous ne croyons plus en l’avenir de la Belgique ». Pourtant, il n’est pas un adepte du séparatisme, bien au contraire.

Devant le succès attendu de la N-VA, les francophones pourraient se réfugier une fois de plus dans l’immobilisme du NON et refuser le dialogue. Les médias francophones, au nom des valeurs universelles ou tout au moins francophones, seront sans doute prêts à les défendre. Mais cela n’a pas de sens, sauf pour ceux qui acceptent la fin de la Belgique. Et je crains que du côté francophone, cette idée ne paraît plus absurde. À entendre Joëlle Milquet, la scission de BHV offrirait la chance de créer un état belge composé de Bruxelles et de la Wallonie, à côté d’un état Flamand.

Rien de tout cela en Flandre. Lors des débats électorales, les sujets ne se sont pas limités aux seuls problèmes communautaires. On a surtout évoqué les efforts financiers et les économies qui doivent être fournis. 22 milliard d’euros pour pouvoir revenir à un équilibre budgétaire. Et ceci dans une période de crise avec des dépenses croissantes pour les retraites et la santé publique. Rien ou très peu de cette discussion en Wallonie où on fait croire qu’il y aura même de l’argent à répartir.

Dans les propositions de l’Open VLD, Alexander De Croo, prévoit des économies au niveau fédéral mais aussi pour les régions :  6 milliards d’euros pour la Flandre et quelques 4 milliards pour Bruxelles et la Wallonie. Le CD&V prévoit aussi des économies mais moins importantes au niveau régional. Reste cependant que Bruxelles-Capitale demande 500 millions d’euros supplémentaires ! Les francophones restent extrêmement flous quant aux solutions à apporter pour résoudre ce problème financier.

It’s the economy, stupid ! Avec ou sans De Wever, dans les années à venir, la vie quotidienne ne changera pas beaucoup dans notre pays. Avec moins de moyens, mais toujours avec une région flamande plus riche qui rouspétera parce qu’elle devra payer pour une Wallonie et une région bruxelloise moins riches. Il n’y aura pas de paix tant que le niveau de richesse de la Flandre rejoigne celui du reste du pays.

Oui, je n’ai plus beaucoup d’espoir pour pouvoir avancer ensemble aussi longtemps que la Wallonie pense que la manne vient du ciel et pas du Nord ; aussi longtemps que Bruxelles ne voit aucune raison pour un assainissement politique, alors qu’elle compte presque 1000 mandats politiques. Bruxelles multiculturelle, qui est surtout devenu une terre d’accueil pour les pauvres de partout dans le monde (francophone) mais qui, par manque de moyens, les envoie en Flandre. Le Vlaams Belang en fait son fonds de commerce. Merci les gars!

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