Une fleur d’exception


Sabine Wespieser est sans doute une des meilleures éditrices francophones actuelles. Elle publie peu, mais chaque livre est, ou peu s’en faut, est une petite perfection, un hapax, un étonnement. Ainsi, de cette “solitude de la fleur blanche”, dont le titre déjà est un poème et une invitation au voyage imaginaire. Un récit pourtant dur, la quête d’une femme sur son passé, celui de son père, pied-noir revenu en France, tué dans un accident de voiture commis par des Tsiganes que l’on identifiera jamais – ce qui, magnifique vengeance, conduira la narratrice, plus tard, à donner des cours d’alphabétisation à ces enfants. Un récit à contre-courant des idées admises, en particulier sur les rapports entre la victime et le bourreau : “les victimes aussi peuvent avoir tort, bien que les bourreaux ne soient jamais dans leur bon droit”. Un récit enfin où l’écriture ose, invente, secoue. De la vraie littérature, comme on en trouve si peu en cette rentrée littéraire 2009.