Une jolie pépite


Si le roman aborde avec tendresse la complicité qui unit les deux frères (qui se trahissent parfois mais s’aiment quoiqu’il advienne), il met surtout en lumière la somme de travail qu’abattent ces vendeurs. Reflet d’une société américaine pour laquelle le labeur et le fric sont rois, l’expression « le temps c’est de l’argent » prend ici tout son sens : Jim et Bobby passent 16 heures par jour, six jours sur sept au magasin. Pour tenir le coup, les deux acharnés recourent à la cocaïne et voient petit à petit leur famille exposer. Côté vie privée, tout se délite donc et pour Bobby, c’est la désillusion. Personnage tendre et fragile, il ruine sa vie pour la gagner.

Clancy Martin manie la plume avec aisance et brosse un portrait acide du monde de la vente, un sujet somme toute peu abordé en littérature (à part précisément aux Etats-Unis comme dans la célèbre pièce d’Arthur Miller Mort d’un commis voyageur). L’écriture est limpide, aérée, sobre. On s’enchante de la capacité de l’auteur à avoir digéré et hissé des éléments autobiographiques en un roman de si haute qualité.

Tout a un prix, Clancy Martin, traduit de l’américain par Olivier Deparis, Editions de l’Olivier, 303 p.